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Les compagnies easyJet et Swiss représentent plus de deux tiers du trafic de l'Aéroport de Genève. Le canton souhaiterait mieux exploiter le potentiel aéronautique pour valoriser le savoir-faire industriel de la région.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT/Keystone

Aéroport

Genève veut recycler les avions de ligne

Enclavé sur 325 hectares, l'Aéroport international de Genève génère 44 000 emplois. Les autorités souhaitent profiter de la présence de ce «porte-avions» pour développer de nouveaux vecteurs de croissance, notamment en changeant les avions pour de plus grands appareils

L’Aéroport international de Genève a transporté 16,5 millions de passagers en 2016, soit +4,8% par rapport l’année dernière. Une croissance qui ne faiblit pas depuis 2000. Mais qui ne pourra pas se maintenir à l’infini, ont souligné en chœur Pierre Maudet, ministre genevois de l’Economie, et André Schneider, directeur de l’aéroport, lors d’un événement du Forum de l’économie romande (Forom) qui a réuni tout l’écosystème aéroportuaire: des riverains aux multinationales et PME en passant par ses créanciers.

A ce sujet: Deux tiers des entreprises genevoises dépendent de Cointrin

L’aéroport se prépare déjà à accueillir 25 millions de personnes en 2025. Le chantier de l’aile Est, le deuxième plus important du canton, après le CEVA, devrait s’achever en 2020. Mais l’exiguïté du territoire limite la croissance de l’aéroport, véritable «porte-avions» de 325 hectares, pour reprendre l’image de Pierre Maudet. La compagnie low cost EasyJet, qui représente 44% du trafic du tarmac, dénonce déjà la saturation des installations. «Le niveau de l’eau est déjà pratiquement au-dessus de la ligne de flottaison», souligne de son côté Jean-Marc Thévenaz, son directeur pour la Suisse.

Lire aussi: André Schneider: «Nous allons investir 620 millions pour l'aile Est de Genève Aéroport»

Convertir les avions de ligne en fret

Parmi les possibilités de désengorgement de l’aéroport: l’augmentation du taux de remplissage et le remplacement de la flotte basée à Genève par des avions plus gros et moins polluants. Une tendance déjà en marche chez les compagnies EasyJet et Swiss, qui remplacent progressivement leurs avions par de nouveaux modèles, respectivement A320 et Bombardier C-Series. Si le nombre de passagers a augmenté de 4,8%, les mouvements (nombre de vols) sont restés stables à +0,5%, à 189 000.

Pierre Maudet, autorité de tutelle de l’Aéroport, souhaiterait mettre à profit le savoir-faire de l’industrie suisse. «Les compagnies d’aviation sont rarement propriétaires de leurs appareils, qu’elles achètent en leasing. L’industrie a le savoir-faire pour les recycler en les convertissant en avions de fret.» Autre piste évoquée par le conseiller d’Etat: la maîtrise des systèmes électroniques dans le domaine de l’aviation militaire suisse.

Maintenir des emplois industriels

Le savoir-faire existe dans la région, à l’image de Jean Gallay, spécialiste des composants mécanosoudés, comme le rappelle le conseiller d’Etat. Afin d’aider les entreprises à se positionner sur la «carte mondiale de l’aéronautique», un pôle d’excellence économique piloté par l’Office de promotion des industries et des technologies a été constitué. Il est composé de six entités genevoises avec notamment Jean Gallay ou l’entreprise Tuag, spécialisée dans la maintenance d’hélicoptères. Pour quelles retombées économiques? «Cela représente des centaines d’emplois, répond Pierre Maudet. Mais, c’est surtout la possibilité de maintenir, ici à Genève, des postes dans l’industrie. Un secteur qui a beaucoup souffert du franc fort.»

L’Aéroport international de Genève joue déjà ce rôle de moteur économique de la région. Il accueille, sur son site, 200 entreprises pour 11 000 emplois. Troisième aéroport d’affaires d’Europe, il génère 44 000 emplois induits pour 7,2 milliards de francs de retombées économiques dans la région.

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