Promotion économique

Genève veut séduire les Emirats arabes unis

Une délégation d’affaires ciblée revient ce mercredi du Golfe. L’objectif affirmé était notamment de séduire encore davantage un marché phare traditionnel qui, depuis la levée du taux plancher, constitue un sérieux débouché stratégique hors de la zone euro

Genève veut séduire les Emirats arabes unis

Diversification Une délégation d’affaires ciblée revient ce mercredi du Golfe

L’objectif affirmé était notammentde séduire un marché hors de la zone euro

En moyenne deux fois par an, l’économie genevoise part en mission à l’étranger. Tokyo, Pékin, Moscou, São Paulo, New Delhi, Le Cap: la liste des destinations d’affaires s’enrichit d’exercice en exercice. Ce mercredi, une délégation officielle est revenue d’une opération séduction aux Emirats arabes unis (EAU). Explications.

Piloté par le Conseil d’Etat genevois, ce marathon commercial était axé sur la promotion de quatre secteurs genevois: la santé, la finance, l’enseignement et le tourisme. Avec pour objectif d’entrer en contact avec des expatriés suisses (plus de 3000 personnes dont 2500 rien qu’à Dubaï) et de comprendre les raisons de leur installation dans cette partie du Golfe, un «paradis fiscal», sans impôt sur la fortune ni sur les bénéfices, agissant comme un aimant sur les investisseurs. Mais aussi, saisir le maximum d’opportunités d’affaires sur ce marché, d’autant plus stratégique depuis la fin du taux plancher.

La manœuvre s’est révélée moins difficile que lors de la dernière opération de ce type en Chine, l’an passé. Les raisons: les EAU sont déjà un partenaire historique. Et depuis deux semaines, les ressortissants du Golfe n’ont plus besoin de visas pour voyager en Suisse. Par ailleurs, le ramadan a lieu cette année non plus pendant, mais avant la traditionnelle escale estivale des touristes moyen-orientaux à Genève. Pour finir, l’accord de libre-échange entre l’AELE et la région sera pleinement opérationnel dès juillet prochain. Tous les feux étaient au vert.

Au programme des Genevois: visites d’entreprises et de centres économiques emblématiques de la région, rencontres en haut lieu, consolidation des liens de fidélité existants ou établissement de nouvelles synergies, et autres apéritifs sans alcool. «En plus des ministres de l’Economie et de l’Intérieur, j’ai eu la surprise de pouvoir rencontrer mardi le prince héritier», se félicitait mercredi, de retour des EAU, Pierre Maudet, conseiller d’Etat genevois. Une première, de très longue date. Sujets de l’entretien: les relations des Emiratis avec Genève, les conditions-cadres dans la ville du bout du lac ou encore sa situation sécuritaire. «Avec le président de la compagnie Emirates, nous avons également discuté de la plateforme de Cointrin et des besoins de la région en termes d’infrastructures, notamment aéroportuaires», ajoute l’élu PLR. Dubaï organise l’Exposition universelle en 2020. Outre le projet de construire une centaine de nouveaux hôtels à cette occasion, la ville la plus peuplée de la fédération arabe entend édifier un tarmac avec une capacité d’environ 160 millions de passagers par an.

Autre clé de voûte de la mission genevoise: un forum promotionnel, dimanche soir, devant un parterre d’une centaine de décideurs. «A en juger par le taux de satisfaction observé, cette opération va certainement amener davantage de touristes et de patients moyen-orientaux à Genève», estime Vincent Subilia, directeur adjoint de la Chambre de commerce, coorganisatrice de l’exercice, dont l’homologue dubaïote rencontrée à cette occasion compte 190 000 membres, contre 2200 pour l’entité genevoise.

La délégation du bout du lac a aussi visité la première école suisse du Moyen-Orient – ouverture en septembre, avec délivrance de la maturité –, fondée par Omar Danial (famille propriétaire du groupe hôtelier genevois Manotel). Puis s’est rendue à l’hôpital Ras al-Khamiah, considéré comme la «Rolls» des institutions médicales de la région, tenue par le groupe ­bernois Sonnenhof. «Grâce au Campus Biotech, aux HUG et à nos autres insti­tutions de soins à l’avant-garde technologique, nous avons posé d’importants et nouveaux jalons de coopération ou d’échange dans la recherche et la formation. A tel point que la Dubai Healthcare City envisage même d’ouvrir une antenne à Genève», conclut Gilles Rufenacht, président des cliniques privées genevoises.

«Avec le prince héritier, nous avons parlé des conditions-cadres, du tourisme et de la sécurité à Genève»

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