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Genève et Zurich, dans le top 10 des villes les plus intelligentes du monde

EasyPark, spécialiste suédois de la géolocalisation et du paiement de parking via mobile, vient de lancer sa première étude des métropoles les plus connectées. Le panorama, qui se veut le plus complet jamais réalisé, est issu notamment de l’analyse de données de masse de 500 agglomérations

Zurich se situe au 4e rang des 100 villes les plus intelligentes du monde. Derrière Copenhague, Singapour et Stockholm, qui occupent respectivement les trois premières marches du podium. Genève, quant à elle, se glisse à la 9e place du classement, juste après Boston, Tokyo, San Francisco et Amsterdam. Bilan: les deux poumons économiques suisses sont considérés comme étant davantage connectés que Londres (17e), Tel-Aviv (18e), Paris (19e) et New York (24e).

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Cet étonnant palmarès est signé EasyPark, le spécialiste suédois du paiement de places de stationnement via smartphone. Sa recherche se revendique comme étant la plus exhaustive de la planète. Publiée ce mercredi matin, elle se base sur l’analyse de données de masse (Big Data) de 500 métropoles.

Un concept délicat à manipuler

L’évaluation s’accompagne de l’avis de 20 000 journalistes spécialisés dans les domaines des technologies et de l’urbanisme. «Nous n’avons pas pu prendre en compte des centres en devenir, comme Masdar City, faute d’informations en quantité suffisante», prévient EasyPark. Et le groupe suédois de nuancer: «Le label «smart city» est un concept difficile à hiérarchiser. Mais il ne peut être attribué qu’aux villes utilisant les données générées par sa population pour améliorer ses services.»

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L’étude, dont on ne connaît pas le coût ni la qualité des «experts indépendants» mandatés pour en compiler les paramètres, prend en compte 19 facteurs. Comme, par exemple, l’évolution de la courbe de numérisation de chaque localité (qualité du réseau de téléphonie mobile, maillage wi-fi, taux de pénétration des smartphones, accès en ligne des services gouvernementaux, etc.). Mais aussi, les réseaux de transport et la qualité de la mobilité, dont la présence de capteurs de circulation et des applications de covoiturage, ou encore les mesures publiques prises en matière de développement durable (gestion des déchets, degré d’utilisation d’énergies propres, etc.).

smart buildings

En quoi Zurich serait-elle plus «intelligente» que Genève? «Outre-Sarine, la circulation est jugée plus fluide, grâce notamment à un meilleur réseau de transports publics. Zurich fait aussi état d’un programme de numérisation de ses infrastructures plus développé», énumèrent les services de communication d’EasyPark. Toutefois, Genève – qui a vocation à devenir un «smart canton» – serait en avance par rapport à sa rivale alémanique, concernant notamment la vitesse de la connexion internet à disposition de ses habitants.

Le paradoxe helvétique

Les deux agglomérations helvétiques, dont la taille permettrait d’obtenir un meilleur retour sur investissements ou de satisfaction de la population lors de financements, mènent cependant le classement en termes de niveau de vie et de smart buildings (efficacité énergétique, centre de recherche et développement, locaux pour le tri des déchets, etc.).

Elles sont en revanche toutes deux très mal notées concernant la «participation citoyenne» aux initiatives gouvernementales. Leur score est comparable à celui d’économies émergentes, voire carrément totalitaires. Surprenant, au regard du système de démocratie directe qui caractérise la Suisse. «Ce paradoxe s’explique non pas par la fréquence des votations, mais par le relativement plus faible taux de participation aux élections», résume EasyPark.

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Fondée en 1999, la plateforme suédoise est aujourd’hui présente dans 600 villes dans le monde et revendique 4 millions d’utilisateurs sur le continent, pour un million de places de stationnement. Le groupe, qui a lancé son service en France cette année et dont l’actionnaire majoritaire est Verdane Capital – un fonds d’investissement qui cible les sociétés nordiques en forte croissance –, a déployé, cette dernière décennie, son offre jusqu’en Australie.

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