Avec 8 088 490 passagers, l'Aéroport international de Genève a établi l'an dernier un nouveau record de fréquentation (+6,2% par rapport à 2002). Près de 70% de cette progression sont dus aux compagnies à bas prix.

Le résultat final s'en ressent puisque l'aéroport affiche un bénéfice net en hausse de 6,2% à 27,368 millions de francs. Conformément à la loi régissant le fonctionnement de l'AIG, la moitié de ce bénéfice revient à l'Etat de Genève. Ce dont le conseiller d'Etat Carlo Lamprecht, à ce titre président du conseil d'administration de l'aéroport, s'est réjoui en cette période de difficultés budgétaires. Le magistrat a rappelé au passage que l'aéroport, qui ne touche pas de subventions, a versé plus de 100 millions depuis sa mutation en établissement public autonome en 1994. A propos de ce statut, le conseiller d'Etat a fait brièvement part de la réflexion menée en ce moment par son département afin de permettre aux collectivités publiques (banques cantonales, par exemple) de participer au capital de l'aéroport. L'idée est de donner plus de moyens à l'institution. «Il n'est toutefois pas question d'une privatisation», a-t-il précisé.

Impact sur la région

Comparant les activités de Genève à celles de ses concurrents nationaux Zurich (–5,1% de fréquentation) et Bâle (–19%), le directeur de l'aéroport, Jean-Pierre Jobin, a mis en avant la croissance affichée par Genève, «qui compte 97% de passagers locaux, c'est sa force». Zurich en a seulement 65%, le reste étant des passagers en correspondance. Ce rôle régional se lit dans les résultats de deux études menées en 1999 et 2003 pour le compte de l'aéroport. Ces enquêtes chiffrent à 7,3 milliards pas an l'impact global de l'aéroport sur la région.

A propos de l'année en cours, le directeur budgète un bénéfice net de 22 millions. Le début d'exercice prometteur (+6,4% de passagers à la fin de mai) rend cet objectif réalisable. «Genève a connu son record d'affluence le 3 janvier dernier avec 54 104 passagers», a expliqué Jean-Pierre Jobin. Ce record prouve à ses yeux la capacité de la piste de Cointrin. «L'objectif de 14 à 15 millions de passagers fixé à l'horizon 2020 avec une piste unique est possible», a-t-il rappelé.