Fondée en décembre dernier à Genève, Professionals. aero promet à l’industrie aéronautique et aérospatiale de mobiliser l’intelligence collective de son carnet d’adresses international. C’est-à-dire de connecter les meilleurs spécialistes du monde avec les aéroports, les compagnies aériennes, les fabricants de drones, de satellites et d’avions qui peinent à résoudre leurs problèmes techniques ou opérationnels.

«En tant que premier catalyseur d’innovation aéronautique et aérospatiale, nous sommes en train de réinventer le conseil aux entreprises», estime Laurent Delétraz, cofondateur de la plateforme genevoise qui dit ne recenser encore aucun concurrent direct.

Un vivier de sous-traitants

A ce jour, Professionals. aero a permis le lancement de projets dépassant 7 millions de dollars de valeur cumulée. La jeune pousse fonctionne comme une centrale d’appel d’offres gratuite. «Nous ciblons les profils existants sur le marché. Ces derniers s’inscrivent ensuite sur notre réseau et nous les rendons visibles auprès de porteurs de projets innovants», explique l’entrepreneur de 47 ans, ex-pilote de jet privé et actuellement employé chez Skyguide à Genève.

Exemples de mandats en cours: un investisseur espagnol qui souhaite se lancer sur le marché asiatique, cherche à monter une équipe externe pour développer, fabriquer à large échelle et commercialiser un nouveau type d’appareil léger adapté à la réglementation chinoise.

«Nous avons aussi permis à un aéroport suédois de se doter d’outils d’aide à l’atterrissage. Une compagnie américaine s’est également procuré des ingénieurs informatiques pour réaliser un système de contrôle aérien», énumère le Genevois, dont l’associée de 30 ans – également Genevoise – est basée à New York, dans les locaux de Swissnex.

Une commission fixe

La rémunération de Professionals. aero, dont le troisième bureau se trouve à Paris: 10% du budget total des projets validés par la start-up genevoise. «L’inscription et l’annonce sont gratuites. Ce n’est qu’au moment du contrat, dont la signature se fait séparément de notre plateforme, que des frais sont engagés», indique Laurent Delétraz. Et de préciser: «Pour l’heure, nous n’avons ponctionné de l’argent à personne, car nous sommes encore dans une phase d’ajustement de notre modèle d’affaires et de croissance en termes de portefeuille.»

Prochaine étape pour la jeune pousse du bout du Léman, dont le développement aura jusqu’ici coûté environ 500 000 francs: lever quelque 3 millions de dollars de capitaux supplémentaires (2,9 millions de francs), afin de développer notamment des facultés de gestion de données de masse.

Collaborer pour rester concurrentiel

«Nous pensons pouvoir identifier à l’avenir les compétences et les complémentarités recherchées par zone géographique précise, via notamment des technologies d’apprentissage automatique», imagine Laurent Delétraz, dont la start-up recense à ce jour plus de 450 usagers et 4000 abonnés passifs répartis dans 60 pays.

La demande mondiale de transport aérien est censée doubler à l’horizon 2034. «Face à la montée en puissance du low cost, avec une réglementation de plus en plus stricte et une main-d’œuvre spécialisée qui se raréfie, l’innovation ouverte est aujourd’hui la meilleure garantie de compétitivité», conclut le Genevois, qui vise un marché de près de 3 milliards de dollars.