Philanthropie

Genevois et Vaudois ont une confiance aveugle dans les fondations

Une étude inédite portant sur les 2500 fondations de la région lémanique propose six mesures visant à améliorer l’action des donateurs. Dans un cadre où les institutions suscitent des doutes, les structures d’utilité publique jouissent d’une excellente réputation malgré un certain manque de transparence

La Suisse est la quatrième nation d’Europe la mieux dotée en nombre de fondations. La région lémanique est un pôle de force puisque 20% des 13 000 structures répertoriées dans la Confédération sont basées dans les cantons de Vaud et Genève. Si la philanthropie prospère au bord du Léman, ce secteur est peu structuré, animé par des acteurs trop homogènes et souvent mal formés, il est peu transparent et, d’un côté et de l’autre de la Versoix, les autorités appliquent des critères fort différents pour surveiller ces organisations, dont certaines restent friables.

Ces constats sont issus d’une étude inédite, la première de cette envergure, présentée jeudi soir par la Fondation Lombard Odier, qui l’a en partie financée. Le comité de pilotage de ce travail a réuni notamment des représentants des cantons de Vaud et Genève, du Centre en philanthropie de l’Université de Genève et de son équivalent à l’Université de Bâle, et de SwissFoundations et ProFonds, qui regroupent des structures donatrices d’utilité publique en Suisse. Ses auteurs ont interrogé une quarantaine d’experts actifs dans la philanthropie selon une grille de 22 critères portant sur la régulation, la dotation, la responsabilité, la collaboration et la confiance du public. Un sondage par téléphone (310 répondants) a complété ces données, recueillies entre mai et août de cette année.