Matières premières

Le genevois Vitol profite du démembrement de Noble

Le trader hongkongais s’offre une bouffée d’air en vendant progressivement tout son portefeuille. Les traders genevois Vitol et Mercuria en profitent

Son action a dégringolé de près de 97% depuis juin 2014. En panne de liquidités, le groupe Noble – dont le titre s’échange désormais à 0,36 dollar – poursuit son démembrement. Le trader hongkongais a confirmé lundi matin, en Asie, son intention de céder ses activités pétrolières américaines à son rival Vitol.

La maison de négoce genevoise paiera, pour les 2,5 millions de barils quotidiens de la filiale, quelque 582 millions de dollars (l’équivalent en francs) pour des actifs estimés à 1,4 milliard de dollars, selon un document publié par Noble Group. Soit la valorisation du groupe au 30 juin dernier moins les quelque 836 millions de dollars de dettes de la filiale.

Pressé par le temps

Le temps ne joue pas en faveur de Noble. Ses actifs se déprécient à mesure que son niveau d’endettement augmente. Le groupe, qui transporte du pétrole, du gaz et des minéraux principalement sur les marchés émergents asiatiques, est étranglé par sa dette depuis la chute du cours des matières premières de 2014 et la publication d’un rapport du cabinet de recherche Iceberg mettant en doute son assise financière.

Lire aussi: «Noble Group publie un rapport censé restaurer sa crédibilité»

Alors que ses revenus ont fondu, le trader a perdu 1,75 milliard de dollars rien que sur le premier trimestre de l’année. Il prévoit désormais une perte de 1,2 milliard de dollars sur le dernier trimestre 2017.

Menacé de banqueroute à Singapour et au Royaume-Uni (où sont basées ses deux principales filiales), Noble dégraisse à toute vitesse depuis l’arrivée en mai de son nouveau directeur général, Paul Brough, spécialiste des restructurations.

Les bons comptes des traders

Les mésaventures de Noble font les affaires des autres traders. En particulier à Genève, où Vitol pourra notamment conforter sa position de premier négociant privé de brut avec un volume d’affaires passant à 9 millions de barils quotidiens.

En septembre, c’est Mercuria qui s’était adjugé une partie de la mise. La maison de négoce genevoise obtenait l’unité américaine gaz et électricité de Noble contre un peu moins de 200 millions de dollars. La somme, plus faible qu’anticipé lors des premiers contacts cet été, illustre la faible marge de manœuvre du groupe chinois dans les négociations. Pour Noble, il s’agit surtout d’acheter un peu de temps.

Publicité