Innovation

Le genevois WeCan.Fund lève 2 millions de francs

L’objectif de la société de conseil est d’étendre son activité aux entreprises désireuses d’utiliser la blockchain

L'année 2019 sera celle de l’adoption de la blockchain, Fabio Sofia en est persuadé. «Les entreprises et les administrations ont compris que cette technologie pouvait avoir des applications très concrètes dans leurs activités quotidiennes», affirme celui qui est l’un des dirigeants de WeCan.Fund. Cette société genevoise de conseil a levé près de 2 millions de francs en fin d’année dernière et accueilli de nouveaux actionnaires, a appris Le Temps lundi.

«Quel niveau de connaissances affichent les clients potentiels, essentiellement des PME et des organisations non gouvernementales, lorsqu’on vient leur parler de blockchain? Des niveaux très variables, mais là n’est pas l’essentiel», poursuit le responsable du développement des affaires, par ailleurs président de l’association Sustainable Finance Geneva: «Nous n’entrons pas dans les détails techniques, à moins que les clients insistent. Ce qui les intéresse surtout, ce sont les solutions pratiques pour leur activité.»

Droits à bâtir et «tokenisation»

Privée ou publique, une blockchain est une base de données décentralisée permettant de stocker et d’échanger des données de manière extrêmement sécurisée. Fondée par Vincent Pignon, par ailleurs «conseiller blockchain» pour le canton de Genève à titre personnel, WeCan.Fund travaille par exemple sur un registre numérique des droits à bâtir à Genève. Avec une double utilité: ces informations ne pourront pas être falsifiées et les détenteurs des droits pourront les échanger de manière bilatérale. D’autres applications peuvent concerner le simple stockage de contrats ou assurer la traçabilité d’un produit ou d’une pièce détachée.

L’un des nouveaux actionnaires de WeCan.Fund est attiré par une autre activité de l’entreprise: la «tokenisation». C’est-à-dire la transformation d’un actif financier en jeton numérique, qui pourra être facilement échangé. Le groupe immobilier Capelli, coté à la bourse de Paris avec 130 collaborateurs pour 162 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, veut ainsi tester les possibilités de titriser des immeubles ou des parties d’un bâtiment. Ce qui permettrait de lever des fonds en attirant de nouveaux investisseurs grâce à des mises de départ plus modestes.

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Crowdfunding et humanitaire

Parmi les autres nouveaux actionnaires de WeCan.Fund figurent la banque privée genevoise Hyposwiss, Request Network (une start-up qui veut notamment transférer la comptabilité d’une entreprise sur la blockchain) et la société de communication romande Buxum. Ces nouveaux actionnaires demeurent minoritaires dans le capital de WeCan.Fund; la société ne communique pas plus précisément sur la composition de son capital. A noter que Request Network a investi en apportant 3,8 millions de ses jetons numériques (qui sont similaires à des actions), en échange de 13 602 actions WeCan.Fund, valorisées à 130 000 francs, selon le Registre du commerce.

Active aussi dans les financements participatifs (crowdfunding), WeCan.Fund veut également se déployer dans le domaine du développement, reprend Fabio Sofia, qui a rejoint la société à l’automne dernier, après une quinzaine d’années dans la microfinance: «L’idée est de combiner la finance d’impact avec la technologie, par exemple pour donner à des ONG les moyens d’assurer la traçabilité des dons qui leur sont confiés ou d’établir une identité numérique pour des populations migrantes.»

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