La société genevoise Genkyotex lève 20 millions supplémentaires

Biotech L’entreprise lutte contre différentes pathologies

La société genevoise Genkyotex a annoncé mardi la clôture de son quatrième tour de financement. Elle vient de lever 20 millions de francs supplémentaires pour poursuivre ses recherches cliniques liées à la néphropathie diabétique. Cette complication grave du diabète est, en Suisse, la cause la plus fréquente d’insuffisance rénale nécessitant une dialyse ou une transplantation. Genkyotex pourra également étendre sa gamme de produits.

Depuis sa création en 2006, la société a récolté un total de 72 millions de francs. La nouvelle levée de fonds a été réalisée notamment auprès de NeoMed Management, VI Partners et BioMed­Invest, Edmond de Rothschild Investment Partners, Eclosion2 et Vesalius Biocapital. Genkyotex poursuivra ses essais cliniques de phase II sur sa molécule phare, le GKT137831. «155 patients ont été inclus dans l’étude. Les résultats cliniques principaux seront disponibles à la mi-2015», a précisé Ursula Ney, la directrice de l’entreprise, qui a plus de trente ans d’expérience dans la pharma et qui a travaillé pour des entreprises telles que Roche, Sandoz, Celltech ou Antisoma.

Tout a démarré il y a neuf ans. Karl-Heinz Krause, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Genève, a fondé avec trois autres chercheurs – David Lambeth, Robert Clark et Chihiro Yabe –, la start-up Genkyotex, pour Genève, Kyoto et le Texas, leurs régions d’origine.

Initialement hébergée dans les locaux de l’incubateur Eclosion, à Plan-les-Ouates, Genkyotex a entrepris de lutter contre le stress oxydatif, impliqué dans des maladies très diverses, allant des troubles cardiovasculaires à ceux du système nerveux central, en passant par le diabète et ses complications, diverses formes de fibrose ou certains cancers.

10 millions de personnes

Les fondateurs de Genkyotex ont joué un rôle déterminant dans la découverte d’une nouvelle famille d’enzymes, les NOX. Les sept membres de cette famille produisent des dérivés réactifs de l’oxygène, des molécules impliquées dans un grand nombre de maladies humaines. En les inhibant grâce à certaines molécules chimiques, Genkyotex espère arrêter le développement de plusieurs maladies, dont la néphropathie diabétique, une maladie affectant 10 millions de personnes et dont le marché potentiel est évalué à plus de 25 milliards de francs.

Les résultats de l’étude en cours permettront d’explorer le potentiel du GKT137831 dans les fibroses pulmonaire et hépatique ainsi que cutanée. «Nous développons également d’autres inhibiteurs avec des champs d’application très larges», a précisé Ursula Ney.

Vers une éventuelle entrée en bourse

La société de 20 personnes reste discrète sur sa stratégie d’expansion. II lui faudra impérativement des fonds supplémentaires pour poursuivre le développement clinique, au-delà de la phase II en cours. Cela pourra notamment passer par une introduction en bourse.

«Notre priorité, c’est de donner le maximum de valeur à l’entreprise», a souligné Ursula Ney, qui pourra désormais compter sur l’arrivée de Claudio Nessi de NeoMed au comité de direction.