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Geoffroy Roux de Bezieux à Paris, le 3 juillet 2018.
© ERIC PIERMONT/AFP

patronat

Geoffroy Roux de Bézieux, un libéral à la tête du Medef

Le fondateur de The Phone House et propriétaire d’Oliviers & Co succède à Pierre Gattaz comme nouveau patron des patrons français

La carrière de Geoffroy Roux de Bézieux résume la différence avec son prédécesseur Pierre Gattaz. Le président sortant du Mouvement des entreprises de France (Medef) est un héritier, dont l’entreprise Radiall (composants électriques) a été créée dans les années 50 par son oncle et son père. Lequel, Yvon Gattaz, fut d’ailleurs aussi patron des patrons français de 1981 à 1986. Le nouvel élu, qui a rassemblé mardi 55,8% des voix sur son nom face à son adversaire Alexandre Saubot, a, lui, multiplié les créations et rachats d’entreprises jusqu’à créer récemment un fonds d’investissement familial. Avec, en plus, le goût des aventures entrepreneuriales originales comme en témoigne sa reprise, en 2016, de l’entreprise provençale Oliviers & Co, spécialisée dans l’huile d’olive.

A propos de cette élection: Face à Macron, des patrons français peu visionnaires

Il a déjà été candidat en 2009

La vraie «marque» de Geoffroy Roux de Bézieux, 56 ans, est toutefois son goût pour les télécommunications, le numérique et le marketing. Cofondateur de The Phone House, puis de Virgin Mobile (qu’il revendit à Patrick Drahi), ce diplômé de l’Essec, déjà candidat à la tête du Medef en 2009, est avant tout un libéral, moins attentif aux questions de transmission du patrimoine industriel.

Le «social» n’est pas non plus sa spécialité, alors que Pierre Gattaz est, au sein de son entreprise, réputé pour entretenir un contact direct avec les syndicats. Le nouveau patron du Medef – dont la représentativité reste faible, avec moins de 8% des patrons français affiliés – a fait campagne sur la réconciliation entre le patronat traditionnel et la nouvelle économie numérique, traditionnellement très peu représentée dans l’organisation. Un profil qui devrait faire de lui un interlocuteur fort «Macron-compatible».

Notre commentaire avant le résultat: Un autre patronat

Un ancien de L’Oréal

Le point fort du nouveau numéro un du patronat français, issu de la bonne bourgeoisie parisienne et ancien cadre chez L’Oréal, est son excellent réseau politico-médiatique. Il siège ainsi au conseil de surveillance du groupe PSA, et a l’habitude des plateaux de télévision. Difficile, en revanche, de voir en lui un réformateur capable de lancer enfin les patrons sur des chantiers d’avenir difficiles comme l’apprentissage, priorité de l’actuel ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer.

Réputé pour ne pas aimer les conflits, ce sportif a rencontré pour la première fois Emmanuel Macron lors de la Commission Attali sur la croissance en 2007, dont l’actuel président était rapporteur. Son défi est à la mesure du titre du livre qu’il avait alors publié cette année-là, au moment de l’accession à l’Elysée de Nicolas Sarkozy: «Salauds de patrons!» Pourquoi les Français n’aiment plus leurs chefs d’entreprise (Ed. Hachette).

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