Pour George Bush, la question est devenue un «sérieux défi national». Le président des Etats-Unis a présenté jeudi un plan visant à soulager les Américains qui ne sont plus en mesure d'honorer leur prêt hypothécaire.

L'initiative cherche à geler, pour une période de cinq ans, le taux d'intérêt de ces prêts à risque (appelés «subprime») dans lesquels se sont embarquées ces deux dernières années des millions de familles américaines à faible revenu. De concert avec les banques et les organismes privés, il s'agit aussi de convertir certains de ces prêts hypothécaires en produits plus «transparents et justes», en évitant qu'ils n'exposent les emprunteurs à de brutales hausses de taux d'intérêt.

Attendue depuis des semaines, l'initiative de l'administration Bush sera-t-elle suffisante? Si elle permet peut-être de stabiliser la situation, elle laissera tout de même de côté des dizaines de milliers de familles endettées. Le «défi» auquel le président faisait allusion est en effet gigantesque. Selon l'association bancaire Mortgage Bankers Assn (MBA), jamais la proportion de saisies de maisons n'a été aussi élevée aux Etats-Unis: elle s'établissait à 1,69% de l'ensemble des prêts au dernier trimestre. Des sources officielles estiment qu'un million d'Américains pourraient perdre leur maison l'année prochaine, et presque autant auront de sérieuses difficultés à honorer leur dette.

Longtemps réticente à intervenir, l'administration Bush a pris bien soin d'expliquer que ce plan d'aide était fondé sur une participation «volontaire» des banques. De fait, les firmes d'investissement, mais aussi des fonds de pension aux quatre coins du pays risquent de payer le prix fort de ce sauvetage des endettés. C'est pour cette raison que les conditions posées aux emprunteurs afin qu'ils puissent bénéficier de cette initiative sont draconiennes. Celle-ci ne concerne que les «bons payeurs», qui n'ont pas eu jusqu'ici de retards dans leur remboursement, mais qui seraient incapables d'assumer une forte hausse des taux. En un mot, elle ne touche ni les ménages «trop riches», ni les «trop pauvres».

La bourse en hausse

Alors que la crise des «subprime» a déjà eu de sérieuses répercussions sur la confiance des consommateurs et des investisseurs, et qu'elle menace d'entraîner l'économie américaine dans une récession, George Bush s'est employé à afficher sa «confiance»: «Notre économie est assez forte, flexible et dynamique pour supporter cette tempête», expliquait-il. Dans le sillage de son annonce, la bourse américaine a accéléré sa progression amorcée en début de séance.