Si David Cameron passe bien auprès de l’électorat, le chancelier «fantôme» des conservateurs est nettement moins populaire. Agé de 38 ans, George Osborne, qui sera en charge de l’économie britannique s’ils gagnent les élections, est souvent critiqué pour être un «poids plume».

Eduqué au chic collège St Paul, héritier du titre de baron de Ballentaylor, avec une fortune estimée à 5 millions d’euros, il a du mal à cacher une attitude qui frise l’arrogance, renforcée par une tendance au ricanement. Outre sa personnalité, il a du mal à convaincre de sa compétence.

Alors que Gordon Brown jouait au pompier de la finance internationale pendant la crise, George Osborne s’était initialement opposé à la nationalisation des banques et au plan de relance économique. «La crise aurait été pire avec lui», accusent les travaillistes.

Résultat, les Britanniques craignent son dogmatisme anti-étatique. Avec lui, persiflent les travaillistes, les services publics seront taillés à la hache, et il y prendra plaisir.

L’homme n’est pas pour autant à sous-estimer. C’est lui qui a mis la réduction des déficits au cœur du débat électoral. Lui encore qui a pris de court Gordon Brown en réunissant une trentaine de patrons la semaine dernière contre la hausse de la contribution sociale des employeurs prévue en 2011 par les travaillistes. Si des doutes ont flotté un temps sur son avenir, David Cameron les a levés: «Personne ne doute de qui deviendra le chancelier (si les conservateurs sont élus).» George Osborne n’en reste pas moins une arme à double tranchant pour les conservateurs.