Luxe

Georges Kern quitte la direction de Richemont pour reprendre Breitling

Le patron de l’horlogerie, du marketing et du digital du groupe de luxe genevois démissionne avec effet immédiat, moins de quatre mois après son entrée en fonction. Selon nos informations, il a intégré le capital de la marque Breitling

Dans son bref communiqué, le propriétaire de Richemont Johann Rupert évoquait un «projet entrepreneurial». Georges Kern, dont la démission de la tête du groupe de luxe genevois a été annoncée vendredi matin, va en fait rejoindre la marque horlogère Breitling, selon des informations obtenues par Le Temps. L’ex-patron de la marque IWC Schaffhausen n’a pas pu être contacté vendredi matin pour confirmer cette information.

Fin avril, une majorité des actions de la marque de Granges (SO) avait été vendue par la famille Schneider au fonds d’investissement britannique CVC pour 850 millions de francs. Selon différentes sources concordantes, l’ex-patron de l’horlogerie, du marketing et du digital de Richemont aurait eu ensuite la possibilité d'intégrer le capital de Breitling pour la relancer. Un porte-parole de CVC n’a pas pu être joint vendredi matin pour confirmer cette information. Egalement contacté, Breitling n'a pas souhaité faire de commentaires.

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"L'administration, ça le barbe"

Georges Kern, patron de la marque IWC Schaffhausen depuis 2002, a toujours apprécié d’être en première ligne. Nommé à la tête de l’ensemble des marques horlogères du groupe Richemont en fin d’année dernière (qui comprend par exemple Roger Dubuis, Vacheron Constantin ou encore Jaeger-LeCoultre), entré en fonction au mois d’avril, il ne se serait guère plu à un poste où l'essentiel du travail consistait à gérer des cadres.

«Son truc, c’est la communication, faire monter des marques en puissance… L’administration, ça le barbe. Reprendre la marque Breitling en main, en revanche, est un défi qui correspond bien au caractère de Georges Kern», résume l’un de ses proches.

Du côté de Richemont, il n’est pour l’heure pas question d’un intérim ou d’un remplacement. «Les activités horlogères marketing et digitale de Richemont rendront leurs comptes au comité exécutif», conclut le communiqué. Contacté, le groupe n'a pas souhaité commenter davantage cette nouvelle.

Avec ce départ, Richemont perd «une personne très instruite et une forte personnalité» a relevé René Weber, analyste de la banque Vontobel, dans une note adressée aux investisseurs. Il ajoute par ailleurs que Jérôme Lambert – l'autre co-CEO de Richemont responsable lui des services centraux et régionaux ainsi que toutes les marques qui ne font ni de l’horlogerie, ni de la joaillerie, nommé en même temps que lui – pourrait être un candidat pour reprendre son poste et que les activités horlogères de Richemont n’allaient vraisemblablement pas être affectées par ce changement de direction.

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