Jean-Marc Jacot quitte la direction générale de Gérald Genta dès fin juillet. Un lien de cause à effet avec les résultats négatifs que vient d'annoncer le Dr Henry Tay, propriétaire singapourien de la marque? Chez Gérald Genta, on se borne à relever que MM. Jacot et Tay se sont quittés en bons termes, malgré des options divergentes sur les investissements à long terme. Les divergences portent plus particulièrement sur la stratégie industrielle et administrative, confirme de son côté Jean-Marc Jacot, en relevant que la marque est sur les bons rails.

Il n'en demeure pas moins que Gérald Genta a essuyé de sérieux revers au cours de l'exercice fiscal 98, clos au 30 mars. Les pertes enregistrées par The Hour Glass/Singapour (le groupe qui possède la marque) se sont élevées à environ 5 millions de francs, en raison des mauvaises ventes des marques Gérald Genta et Daniel Roth.

Direction plus commerciale

Les pertes se sont produites durant le premier semestre de l'an dernier, commente Henry Tay, avant de remarquer que l'économie asiatique a connu une reprise au cours du second semestre écoulé. Henry Tay jette un regard plutôt optimiste sur la vivacité retrouvée de la conjoncture asiatique. Les pays de l'Asean, en particulier, sont en train de sortir du trou. Le dernier quadrimestre a vu un très net raffermissement «Dans ce contexte, nous revoyons notre politique de produits, dans un sens plus commercial, note le patron de The Hour Glass, en évoquant Gérald Genta. La marque, auparavant, s'adressait surtout à une clientèle de collectionneurs, amateurs de spécialités et d'horlogerie compliquée. Les signes d'une saturation se sont manifestés voici trois à quatre ans.»

La direction plus commerciale évoquée par Henry Tay? «Gérald Genta a toujours été une marque très innovatrice, techniquement et esthétiquement. Nous pensons qu'elle convient parfaitement à une manière moins conventionnelle d'indiquer l'heure. La «Rétro heures sautantes» en est un bon exemple: ce modèle est compétitif, et offre une double complication. Il symbolise bien ce que nous voulons faire à l'avenir. Nous continuerons à innover pour une clientèle qui a déjà tout en horlogerie, mais qui veut du fun», prédit le Singapourien, qui entend désormais mettre Genta, marque jouant du paradoxe (la complication s'accompagne de pièces arborant les effigies de Mickey ou Donald), à portée d'une clientèle élargie par des prix revus à la baisse. «Daniel Roth, en revanche, sera la marque de la pureté horlogère mécanique, précise-t-il.

Pas question dès lors d'entrer en matière sur une quelconque cession: je ne vends rien, je suis catégorique.»

Henry Tay, aujourd'hui, se dit confiant dans l'avenir: l'or et les complications reprennent, et ses deux marques ont subi un remaniement en profondeur, qui devrait déployer ses effets à moyen terme. Henry Tay: «Il faut deux à trois ans pour finaliser notre réseau de diffusion. Avec Genta, nous souhaitons avoir un minimum de 200 concessionnaires, 400 au maximum. A terme, nous voulons produire 10 000 pièces avec Genta, et 3000-4000 avec Daniel Roth (1500 pièces en 1998).»