BlackRock, comme Vanguard ou d’autres géants mondiaux de la gestion d’actifs, dispose d’un pouvoir immense. Avec 7000 milliards de dollars sous gestion, la firme américaine peut peser sur les décisions des entreprises comme peu d’autres.

Lire aussi l'article lié: Un rapport épingle les votes de BlackRock dans les assemblées générales

Par son poids financier, mais aussi par son aura, il peut convaincre d’autres gérants de le suivre. Jusqu’ici, il semble que le groupe se soit montré plutôt réservé. Il milite pour la finance durable? Il la recommande à ses clients? Oui, mais quand il s’agit de voter des résolutions en faveur de la défense du climat, BlackRock préfère souvent regarder ailleurs.

C’est ce qui ressort d’une étude de Majority Action. L’ONG a décrypté les votes des grands gérants d’actifs lors des assemblées générales d’entreprises américaines liées à l’énergie l’an dernier. Un travail simple mais fastidieux qui a montré que, la plupart du temps, BlackRock a voté en faveur des directions de ces entreprises et très souvent contre les résolutions liées au climat. Vanguard, le numéro deux du secteur, ne s’en sort pas mieux. Mais ce n’est pas le cas de tous: certains gérants se montrent plus actifs dans le domaine du climat.

Plus actif et plus visible

Certes, BlackRock n’est pas inactif quand il s’agit d’environnement. Ses dirigeants en parlent beaucoup, pour commencer. Ensuite, la société dit préférer travailler en coulisse, rencontrer les directions des entreprises en tête à tête et utiliser ainsi son influence pour adopter des politiques plus favorables à l’environnement. Faire pression de manière directe, sans publicité.

Or l’opinion publique ne s’en contente plus. A juste titre parce que l’enjeu du réchauffement mérite davantage qu’une influence théorique et dont on n’a aucune idée des éventuels résultats. Désormais, BlackRock sera plus actif et plus visible. Larry Fink, son patron, l’a dit en début d’année. La société utilisera notamment son pouvoir actionnarial pour pousser les entreprises à prendre plus au sérieux la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Lire également: «Greenwashing»: un manuel pour déceler le vert du faux

La bonne nouvelle, c’est que le décryptage, dans un an, de ses votes sur le climat sera l’un des moyens de savoir si ces grandes déclarations seront suivies d’effets. A défaut, le géant de la finance sera pris en flagrant délit de greenwashing. Il joue aussi sa crédibilité là-dessus, pas seulement sur ses performances de gestion.