Étude

Les gérants de fortune augmentent en taille, sans être toutefois plus rentables

Selon le dernier classement du cabinet de conseil Scorpio, les banques suisses sont parmi les leaders mondiaux de la banque privée. Toutefois, si les volumes gérés sont en hausse, les marges ne s’améliorent pas

La gestion de fortune croît, sans être plus rentable

Classement Selon Scorpio, les banques suisses restent parmi les leaders mondiaux de la banque privée

Malgré des volumes en hausse, les marges ne s’améliorent pas

L’étude sur la gestion de fortune réalisée par le cabinet de conseil londonien Scorpio Part­nership fait figure de baromètre annuel au sein de la branche. Après les nombreux changements intervenus dans le classement des principaux acteurs du secteur juste après la crise financière, l’année 2014 a été marquée par de faibles mouvements dans le haut du tableau. UBS reste le premier gérant de fortune mondial, un rang qu’il avait retrouvé en 2013, suivi par l’américain Morgan Stanley, selon le «Global Private Banking Benchmark 2015» publié mercredi. Credit Suisse reste au quatrième rang, après avoir été en cinquième place entre 2010 et 2012.

Plus bas dans le classement, on peut noter la progression de deux rangs de J. P. Morgan (7e), tout comme celle de dix rangs de la société canadienne BMO Financial Group, propulsée au onzième rang, grâce à une politique d’acquisitions très active.

Plus bas dans le classement, Julius Baer reste à la treizième place. La banque zurichoise a affiché une hausse de ses actifs gérés de 13,8% en monnaies locales l’an dernier, comparé à un bond de 15% pour UBS, de 10,6% pour Credit Suisse et de 0,8% pour J. Safra Sarasin (18e) qui a reculé d’un rang l’an dernier. L’étude a pu utiliser pour la première fois des données détaillées de Pictet (21e) et Lombard Odier Darier Hentsch (22e), qui publient désormais leurs résultats à la suite de leur changement de statut juridique.

Globalement, l’étude, qui inclut les données de plus de 200 banques, fait état d’une progression à la fois des actifs sous gestion (+3,4%) et des afflux nets d’argent frais (+25,8%). Les profits ont, eux, crû de 3,3% l’an dernier. Si le secteur a continué de croître, il n’est pas pour autant plus rentable. Le rapport entre les coûts et les revenus s’est ainsi détérioré pour la troisième année consécutive à 84,4% en 2014, contre 83,5% en 2013 et 79,9% en 2012.

«La bonne nouvelle est que les volumes et la demande pour les services de gestion de fortune ont augmenté pour beaucoup d’instituts. La mauvaise est que le secteur continue de faire face à de fortes pressions si l’on tient compte du rapport entre les coûts et les revenus», observe Sebastian Dovey, associé chez Scorpio Partnership.

Dans ce contexte, la tendance à une concentration accrue du marché au profit des grands instituts s’est poursuivie de manière significative, relève l’étude. Les dix plus grands gérants de fortune regroupent plus de 47% de parts de marché, UBS à lui seul près de 10%.

Le rapport entre les coûts et les revenus du secteur s’est détérioré pour la troisième année consécutive

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