«Chancelier cherche idées de relance, désespérément.» Pressé de tous côtés, aussi bien par l'opposition que par ses amis sociaux-démocrates en campagne électorale difficile en Rhénanie-Westphalie, le chancelier Gerhard Schröder doit absolument trouver avant une semaine de nouvelles mesures pour relancer une économie allemande atone et un marché de l'emploi à sec. Mercredi, lors du Conseil des ministres, il a expressément demandé à chacun de lui faire connaître ses propositions pour stimuler l'économie.

Le chef du gouvernement, dont la marge de manœuvre économique et politique est toujours plus limitée, pensait il y a quelques semaines encore pouvoir attendre que les réformes sociales et le nouveau traitement du chômage produisent leurs effets sur le marché du travail. Mais l'annonce d'un nouveau record du chômage et les perspectives de croissance ramenées à 1% ont créé un climat dramatique. Désormais il y a urgence. D'autant plus que le chancelier a invité jeudi prochain, en compagnie de son vice-chancelier Joschka Fischer, les deux patrons de l'opposition, Angela Merkel et Edmund Stoiber, comme ils l'avaient proposé, à une table ronde consacrée au programme à mettre en œuvre sans délai pour soutenir l'emploi. Et le chef du gouvernement voudrait bien pouvoir auparavant annoncer devant le Bundestag son propre plan de relance.

Lors de l'ouverture du Cebit, la foire de la bureautique et de la communication, à Hanovre, il aurait dû annoncer, selon le manuscrit de son discours, que «des mesures supplémentaires seront prises pour soutenir un nouveau dynamisme de la croissance». Il y a renoncé parce que les propositions sont encore un peu floues.

Baisser les coûts salariaux?

Un point semble acquis: il ne devrait pas y avoir de grand programme de relance conjoncturelle financé par une aggravation de la dette. A côté d'une réforme de la fiscalité des entreprises, qui pourrait être adoptée cette année encore malgré les réticences du ministre des Finances Hans Eichel, le gouvernement songe à un programme de construction dans les infrastructures de transports ou d'encouragement aux investissements pour les communes, financés par des prêts à taux réduit de la banque KfW aux mains de l'Etat. La gauche du SPD et les Verts souhaiteraient aussi un ensemble de mesures pour endiguer le chômage des jeunes.

L'opposition, qui propose de conclure avec le gouvernement un «Pacte pour l'Allemagne», a déjà mis sur la table un plan en dix points pour abaisser les coûts salariaux. Elle demande, de plus, de renoncer au projet de loi contre les discriminations, qui obligerait les employeurs, pour chaque licenciement, à faire la preuve que l'employé n'est pas congédié en raison de son sexe, de sa race ou d'un handicap.