Enfin des bonnes nouvelles. Le cadre politique et institutionnel, davantage encore que les facteurs économiques, offre à la Suisse une résilience, une capacité d’adaptation et une autonomie qui lui garantissent d’excellentes perspectives, selon Gerhard Schwarz, l’auteur de La Suisse a un avenir (Die Schweiz hat Zukunft, NZZ Libro).

Nombreux sont les auteurs à célébrer la réussite économique du pays. Mais, en fait, l’économie ne suffit pas à elle seule à comprendre les raisons qui conduisent à son statut de premier de classe. L’écrivain Gottfried Keller [1819-1890] montrait déjà que la Suisse se définissait comme une idée politique. Gerhard Schwarz, président du laboratoire d’idées Progress Foundation après avoir dirigé Avenir Suisse, loue, dans son livre, les particularismes institutionnels: un pays anti-élitaire, construit de bas en haut, non centraliste, fédéraliste, pragmatique, souverain, à la recherche de compromis et capable de traverser les crises. «La Suisse est un modèle qui ne fonctionne pas uniquement par beau temps», écrit Gerhard Schwarz. Mais, comme les institutions sont le fruit d’une longue histoire et de ses aléas, le modèle, subtil mélange de liberté individuelle et de subsidiarité, ne peut pas être reproduit ailleurs.