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A la tête d’Edmond de Rothschild depuis bientôt trois ans, Emmanuel Fievet commente les résultats 2016 de la banque genevoise.
© Reto Albertalli/phovea

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«Nous gérons la clientèle asiatique uniquement depuis Genève et l’Europe»

La banque Edmond de Rothschild gère dorénavant 118,1 milliards de francs (+2,9% sur un an). Son bénéfice net a atteint 63 millions l’an dernier, en hausse de 13%. Les explications du directeur général, Emmanuel Fievet

La banque Edmond de Rothschild a généré un bénéfice net de 63 millions de francs l’an dernier (+13% sur un an). La masse sous gestion a progressé de 2,9%, à 118,1 milliards. Elle atteignait 116,8 milliards à l’issue du premier semestre. Les afflux nets de fonds se sont élevés à 1,7 milliard l’an dernier, contre 8,2 milliards en 2015 et des sorties nettes de 2,9 milliards en 2014. En poste depuis mi-2014, le directeur général Emmanuel Fievet, 47 ans, revient sur l’année 2016, pendant laquelle le groupe genevois s’est notamment retiré de l’Asie.

Le Temps: De quelles zones proviennent les apports nets de fonds enregistrés en 2016?

Emmanuel Fievet: La collecte nette d’actifs a été positive dans nos deux métiers, la gestion privée et la gestion d’actifs. Les trois zones qui ont le plus contribué à ces afflux de fonds sont la Suisse, l’Europe et l’Asie.

- La hausse des actifs s’explique aussi par le fait que les activités de gestion de fortune du groupe en Israël ont été rapatriées dans le giron de la banque suisse l’an dernier. Quelle quantité d’actifs cela représente-t-il?

- Israël, un marché cible et de croissance pour nous, représente moins de 2% des avoirs de notre groupe. La structure israélienne, qui appartenait auparavant au sous-groupe Edmond de Rothschild (France), compte une cinquantaine de collaborateurs sur place.

- Quelle proportion des avoirs représente la Suisse, l’Europe et l’Asie?

- La clientèle résidente suisse représente plus de 20% de nos avoirs totaux, et l’Europe environ 60%. Notre groupe est organisé autour de deux centres principaux, Genève et Luxembourg – qui possède des succursales en Belgique, Espagne et Portugal.

- Pourquoi vous êtes-vous retiré de Hongkong et de la Chine continentale l’an dernier?

- Nous avons dorénavant une présence physique légère en Asie, où nous ne disposons plus de centre de dépôt. Notre stratégie globale prévoit de mieux rationaliser notre présence. A mon arrivée il y a près de trois ans, nous disposions de 18 implantations et de 10 «booking centers». Depuis, nous avons vendu nos activités de Nassau et de Guernsey, et annoncé notre intention de fermer Hongkong, notamment. Nous n’aurons plus que cinq booking centers fin 2018.

- La filiale hongkongaise avait été ouverte il y a 25 ans, mais en 2013, les avoirs sous gestion en Asie ne s’élevaient qu’à 57,1 millions de dollars dans la gestion privée et à 300 millions dans la gestion d’actifs, selon le magazine Asian Private Banker. Certains ont même parlé de l’Asie comme d’un «Waterloo pour les banques de taille moyenne». Quelles leçons avez-vous retiré de l’aventure asiatique du groupe?

- L’analyse macroéconomique demeure pertinente: l’Asie reste la première région de création de richesse au monde. Notre avantage compétitif ne consiste pas à offrir un booking center à Hongkong, mais à proposer une gestion effectuée en Suisse et en Europe. Cette proposition rencontrait peu d’écho il y a 10-15 ans, mais on observe maintenant une demande croissante pour une gestion diversifiée.

- Votre stratégie consiste donc à couvrir l’Asie depuis la Suisse?

- Depuis la Suisse et depuis l’Europe, effectivement. Nos avoirs originaires d’Asie ont beaucoup progressé et, l’an dernier, notre équipe Asie a été l’un des plus gros contributeurs aux afflux nets de fonds. Par ailleurs, nous sommes très satisfaits des partenariats que nous avons noués avec de grands acteurs locaux avec SMBC Nikko Securities au Japon et avec Samsung Asset Management en Corée du Sud.

- Combien de personnes compte votre équipe Asie en Suisse?

- Douze personnes, basées à Genève.

- Parmi vos trois centres principaux, votre présence luxembourgeoise a été impliquée dans le scandale 1MDB l’an dernier. Quelles mesures avez-vous pris?

- Nous ne commentons pas une affaire en cours.

- Comme vous l’avez fait pour Israël, comptez-vous continuer à rapatrier des unités du groupe dans le giron dans la banque suisse?

- Nous nous efforçons de simplifier la structure du groupe familial. Edmond de Rothschild Suisse pilote les activités internationales de gestion privée, en dehors de la France. Notre stratégie consiste à renforcer notre positionnement de maison d’investissements de convictions, et l’intégration des différentes entités du groupe, de manière à offrir toutes les capacités du groupe à nos clients, où qu’ils se trouvent.


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