L’incertitude sur la vigueur de la reprise conjoncturelle était si forte que les investisseurs en reverse convertibles étaient peu intéressés par les produits à faible protection conditionnelle. «Rares parmi les produits à barrière à 80% (protection contre un risque de baisse de 20%) qui ont été émis cette année ont été touchées. La situation contraste donc avec les pires heures de la crise financière de 2009», selon Vladimir Grlica, responsable des produits structurés pour le marché suisse auprès de Morgan Stanley. Les dégâts sont donc limités dans les portefeuilles.

Dans les turbulences actuelles, les investisseurs disposent de positions cash très élevées, souvent proches d’un quart du portefeuille. Mais en raison de la décision de la BNS de baisser ses taux d’intérêt, les investisseurs sont à la recherche de solutions offrant un taux d’intérêt supérieur au cash. Ils sont dès lors attirés par des produits avec un coupon compris entre 2 et 5% par an, les reverse convertibles avec des barrières très basses.

Credit Suisse avait été le premier émetteur à lancer des structures avec une barrière à 20% (protection contre une baisse de 80%). L’intérêt s’était ensuite dissipé. Mais aujourd’hui il est clairement de retour, selon Vladimir Grlica. Les barrières sont entre 20 et 40%. Morgan Stanley a par exemple émis un reverse convertible à 4 ans sur l’Eurostoxx 50 avec une barrière à 30% qui offre un coupon de 5% par an, et un autre produit de ce type à deux ans avec un coupon proche de 2%.

Les reverse convertible avec barrière très basse sont considérés comme des produits dont le risque est à peine supérieur à celui des dépôts fiduciaires dans la monnaie de référence.