L’invité

Gestion des coûts et transparence en matière de portefeuille

Les défis que présente le marché pèsent souvent sur la performance des portefeuilles privés. Comment les investisseurs peuvent-ils y réagir? En examinant de plus près le coût de leur solution d’investissement et la performance en relation avec ces coûts

Depuis 2008, dans la presse financière, ce sont les gros titres négatifs qui prédominent. On y a lu sur la pire crise financière de ces derniers temps, deux récessions mondiales, la possible désintégration de l’Union européenne, des tensions géopolitiques et bien d’autres choses encore. Ce qui a fait oublier à de nombreux lecteurs que, depuis le creux de la vague atteint en 2009, les marchés des actions ont solidement progressé.

Si on y inclut les dividendes, le SMI a presque doublé pendant cette période. La valeur des actions globales a pratiquement gagné 130% et l’index S&P 500 a augmenté de 180% en dollars américains.

Bien que le scénario le plus vraisemblable soit celui voyant l’économie mondiale continuer à se rétablir, les investisseurs devraient, dans le futur immédiat, compter sur des rendements généralement encore plus bas sur les marchés financiers. Ce qui va faire mettre l’accent sur les coûts de gestion et davantage de transparence en matière de portefeuilles.

Un portefeuille conçu sur le long terme

Avant de considérer la mise en œuvre d’instruments financiers, les investisseurs devraient garder en tête qu’un trading excessif peut se révéler coûteux. Cela est surtout vrai pour les petits portefeuilles pour lesquels les frais fixes pèsent de manière disproportionnée. Une grande volatilité des marchés conduit certains investisseurs à traiter selon la devise «buy the dips and sell the peaks». Une stratégie de la sorte rend cependant extrêmement important de réaliser une performance toujours bonne.

Il convient donc d’analyser les entreprises en connaissance de cause et de ne miser que sur des titres que l’on conservera à long terme même lors de phases difficiles. Les investissements directs dans des titres individuels sont en outre meilleur marché qu’un engagement dans des véhicules financiers.

Mais cette démarche présente aussi un inconvénient: on a besoin d’un grand nombre de tels titres pour éviter les risques de concentration. Les Exchange Traded Funds (ETF) représentent une alternative rentable. Ils permettent un large engagement dans différents marchés sans être lié à une stratégie spécifique. Cet instrument financier appelle aussi une réserve: certains ETF sont aujourd’hui devenus des structures trop complexes par le recours aux dérivatifs, incompréhensibles dans leur détail pour beaucoup d’investisseurs.

Les fonds activement gérés aussi ont leur place

Dans certaines situations cependant, les stratégies passives d’investissement n’offrent pas assez de diversification au portefeuille. C’est alors que les fonds activement gérés se retrouvent au premier plan. De tels produits financiers cependant n’ont pas la cote lorsqu’il s’agit de portefeuilles d’un bon rapport coût-efficacité puisque les frais sont typiquement plus élevés pour les ETF. Des pénalités peuvent en outre être appliquées aux investisseurs pour les empêcher, dans des périodes de grande volatilité, de retirer tout à coup de fortes sommes du fonds.

Les fonds actifs peuvent tout de même jouer un rôle important dans la rentabilité d’un portefeuille du fait que leurs avantages en matière de diversification et de rendements potentiels font souvent plus que compenser les frais élevés. Certains gestionnaires de fonds suivent des stratégies qui contribuent à une véritable diversification des portefeuilles. Ils investissent par exemple dans la volatilité de différentes classes d’investissements ou tirent profit du moral des marchés, à savoir la surestimation ou le pessimisme exagéré des investisseurs. Cependant, ces gestionnaires de fonds ont recours à des stratégies peu adaptées ou trop coûteuses pour les investisseurs normaux et qui exigent énormément d’expertise.

Prendre des véhicules de fonds exclusifs

Par conséquent, choisir des gestionnaires spécialisés et intégrer ainsi une telle stratégie au portefeuille des investisseurs en vaut la peine. Ces derniers bénéficient de frais moindres que ceux réservés d’ordinaire aux investisseurs institutionnels. Une autre réduction de frais peut intervenir si une banque privée dispose d’une forte marque et d’importants volumes d’investissements.

Au lieu d’effectuer des achats dans un fonds institutionnel régulier, de tels investisseurs peuvent recourir à la même stratégie et la même expérience en matière de gestion en prenant un gestionnaire d’un fonds exclusif pour les clients de la banque privée. Une solution sur mesure est ainsi créée qui correspond tout à fait aux exigences spécifiques mais dans laquelle est évité le problème d’éventuelles pénalités pour de gros retraits du fonds. Si un jour le gestionnaire du fonds et la banque privée partent chacun de leur côté, cela se passera sans devoir vendre les actifs du fonds.

Une banque qui a de l’expérience n’aidera pas seulement ses clients à organiser un portefeuille d’un bon rapport coût-rentabilité, mais assurera aussi la transparence quant aux frais et aux rétrocessions. (Idéalement, les banques ne considèrent jamais les fonds qui paient des rétrocessions.) De tels frais ne sont pas toujours visibles pour les investisseurs et peuvent devenir une charge non négligeable pour eux.

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