Petite ou grande, la taille des fonds ne devrait pas laisser les investisseurs indifférents. Comme le soulignaient plusieurs professionnels au début de l'année (voir notre supplément fonds de placement du 27 janvier 2003), au-dessous de 10 millions de francs sous gestion, il semble difficile pour un fonds d'opérer de façon profitable. Economies d'échelle ou force de l'équipe d'analystes exige un minimum d'actifs. Or, sur le marché suisse, près de 460 gérants ne disposent pas de cette somme. Au-delà de cet aspect, qu'en est-il de l'impact sur la performance de la taille d'un fonds? C'est l'objet d'une étude qu'a récemment publiée Standard & Poor's («Does size matter?») à partir du marché anglais.

Pour l'agence de notation britannique, «on considère que les petits fonds sont généralement plus mobiles que les grands. Ils peuvent profiter des mouvements de cours des actions sans les influencer par de gros volumes d'achat ou de vente.» A l'inverse Standard & Poor's rappelle que les grands fonds profitent souvent du soutien de nombreuses équipes d'analystes qui peuvent identifier les meilleures opportunités d'investissement.

En comparant la taille des fonds et leur rendement sur un an, l'étude montre que la performance des grands fonds varie moins que celle des petits portefeuilles, même lorsqu'ils investissent dans le même secteur. «Ce résultat tient aussi en regardant les rendements à 3, 5 ou 10 ans.» Pour compléter ce résultat, l'étude analyse également l'alpha des fonds, c'est-à-dire le rendement théorique que dégage un fonds par rapport à un autre, par exemple le marché des actions britanniques, dont le rendement est arbitrairement fixé à 0%. Standard & Poor's conclut que les plus petits fonds offrent dans l'ensemble une performance plus éloignée, à la hausse comme à la baisse, de celle du marché que celle des grands portefeuilles. Les fonds de petite taille apparaissent ainsi plus tolérants au risque. De même, plus les fonds sont grands, plus il leur est difficile de faire mieux que le marché.