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Autopartage

Gestion de flotte: redistribution des cartes sur le marché

Mobility a longtemps été le seul acteur notable sur le marché suisse. Mais dans le sillage de la numérisation et de l’économie du partage, de nouveaux prestataires poussent comme champignons après la pluie

Pionnière du car-sharing et leader incontesté du marché suisse, la coopérative Mobility fête cette année vingt ans de succès. L’entreprise lucernoise se porte financièrement comme un charme: en 2016, pour un résultat net de 76 millions de francs, elle a réalisé un bénéfice de 3,42 millions, sachant que son taux de capital propre est de 78%. La formule marche de mieux en mieux, comme le montre une croissance imperturbable: ces dix dernières années, Mobility a doublé à 132 000 le nombre de ses clients, qui se voient proposer une flotte de quelque 3000 véhicules répartis en neuf catégories et accessibles sur 1500 sites du pays.

Réservation simple à effectuer

Outre le choix, les clients apprécient le mode de réservation peu compliqué (la commande via smartphone se généralise) et la courte distance à parcourir jusqu’au véhicule convoité. On trouve aujourd’hui au moins un véhicule Mobility dans toutes les localités de plus de 5000 habitants.

Par ce maillage dense, le car-sharing se distingue des loueurs de voitures classiques qui se concentrent dans les villes et autour des aéroports. Sans parler du fait que, pour la remise du véhicule, les loueurs ne sont ouverts qu’à heures fixes, tandis que chez Mobility il est possible de retirer un véhicule à n’importe quelle heure grâce à la réservation en ligne et au principe du self-service.

Mobilité partagée, peu importe laquelle

Des partenariats avec les CFF, le TCS, l’ATE, les entreprises de transports urbains, la Coop, Migros, des chaînes hôtelières et des loueurs tels que Hertz et Europcar contribuent au succès de Mobility: les clients bénéficient de conditions attrayantes en matière mobilité combinée. «Notre souhait est de contribuer à ce que les gens puissent composer leurs déplacements à l’aide de divers moyens de transport. A cette fin, nous leur proposons plusieurs formes de mobilité partagée. Il nous importe peu de savoir ensuite quel moyen de transport les gens utilisent», nous dit le directeur de Mobility, Patrick Marti, pour expliquer la philosophie maison.

Le concept de car-sharing est également attrayant parce qu’il permet d’économiser de l’argent. En moyenne, les clients de Mobility dépensent 4000 francs de moins chaque année lorsqu’ils se déplacent pour un quart au moyen du car-sharing et pour trois quarts en transports publics. C’est bien du fait de cette économicité que de plus en plus d’entreprises misent à leur tour sur Mobility: on compte désormais 4600 clients entreprises qui recourent à l’offre de Mobility pour des motifs multiples, du simple voyage d’affaires jusqu’à la gestion de flotte.

Arrivée de nouveaux prestataires sur le marché

Mobility a pu s’étendre longtemps en Suisse pratiquement sans concurrence notable. Mais avec la numérisation galopante, de nouveaux prestataires armés de nouveaux modèles de car-sharing débarquent plus aisément sur le marché. L’ensemble de l’économie du partage prospère via le smartphone, le GPS, les applis et les algorithmes – voyez Uber et Airbnb. Sur le site Sharoo, lancé par la start-up zurichoise du même nom, des particuliers offrent gratuitement leur voiture à la location lorsqu’ils n’en ont pas besoin. La réservation, le déverrouillage du véhicule et sa remise sont entièrement numérisés grâce à l’appli Sharoo.

La start-up permet ainsi depuis 2013 au propriétaire et à l’utilisateur temporaire de convenir entre eux du prix et de la durée de la location. Initialement né comme spin-off de la filiale de Migros M-Way et aujourd’hui détenu à 50,4% par Amag, le plus grand importateur de voitures du pays avec une part de marché de près de 30% (VW, Audi, Skoda, Seat), Sharoo s’est rapidement imposé comme un acteur sérieux sur le marché de l’autopartage. La communauté dénombre déjà 1500 loueurs et plus de 60 000 utilisateurs.

«En à peine quatre ans, nous avons pu bâtir une flotte équivalant à la moitié de celle qu’a édifiée Mobility en vingt ans», se réjouit Carmen Spielmann, CEO de Sharoo. Ce rythme de croissance fringant tient aussi au fait que la start-up n’a pas dû investir des fonds pour constituer sa propre flotte. Pour l’instant, la jeune entreprise n’est présente qu’en Suisse, mais elle étudie une implantation dans diverses grandes villes européennes. «Un modèle comme le nôtre ne connaît pas de frontières», ajoute Carmen Spielmann. Reste qu’en Europe il existe d’autres prestataires d’autopartage qui fonctionnent sur un modèle analogue à celui de Sharoo.

En quête de passagers

Une autre possibilité pour utiliser un véhicule plus efficacement est le covoiturage. Il consiste à se déplacer dans la voiture d’un autre ou, à l’inverse, d’inviter quelqu’un d’autre à prendre place sur le siège passager. Un tel modèle contribue également à mieux utiliser les capacités à disposition sur certains trajets. Divers prestataires étrangers avancent leurs pions en Suisse en matière de covoiturage, mais ils n’ont, jusqu’ici, pas connu un succès foudroyant.

L’entreprise lucernoise Usus tente de stimuler cette forme de mobilité partagée sur son site Hitch Hike. Elle vise essentiellement les entreprises et les institutions désireuses de créer du covoiturage pour leurs travailleurs pendulaires. Pour les privés, Hitch Hike se borne à proposer du covoiturage entre les villes suisses d’une certaine taille. Jean-François Schnyder, directeur, voit un énorme potentiel dans ce modèle, en particulier là où les pendulaires de la route restent quotidiennement coincés dans les embouteillages.

Le floating est un autre modèle d’autopartage. Les clients localisent à l’aide de leur smartphone la voiture la plus proche, s’y procurent l’accès grâce à une puce, roulent jusqu’à destination et déposent le véhicule sur une place de parc n’importe où: des lieux de stationnement fixes ne sont plus nécessaires.

«Floating» et locations allers

Le floating libre connaît un bel essor dans la plupart des villes d’Europe, de Copenhague à Barcelone et de Vienne à Londres. Dans les cités allemandes, le nombre de clients du segment floating a grimpé de 52% l’an dernier. Ce sont les constructeurs automobiles qui stimulent le mouvement. Derrière l’enseigne Car2Go, présente dans une vingtaine de villes de la planète, on trouve par exemple Daimler et, derrière DriveNow, BMW. Ces deux marques ne sont pas encore actives en Suisse, où c’est le leader du marché, Mobility, qui s’arroge le floating par le biais de sa filiale Catch a Car.

«Nous croyons que l’autopartage sans stations fixes est promis à un bel avenir», assure Patrick Marti. Du coup, des flottes de… floating sont déjà constituées à Genève et Bâle. Elles devraient bientôt s’étendre à d’autres villes. Mobility travaille avec l’importateur Amag et a pris une participation de 7% dans le site d’autopartage Sharoo. Ce qui signifie que Mobility entend avoir son mot à dire dans l’économie du partage qui est en train de rebattre les cartes dans le secteur. Sa stratégie depuis 2016 comprend des projets pilotes de locations allers, sous le nom de Mobility-One-Way, de même que des tests de navettes autonomes. «Dans tous les cas, les véhicules autonomes qui vont chercher les passagers, se garent et font le plein joueront un rôle décisif à l’avenir dans le car-sharing», estime Patrick Marti.

Vers la location annuelle

Le marché s’étend et le segment de la mobilité partagée s’assortit peu à peu de valeurs telles que la flexibilité, la spontanéité, l’efficacité et la créativité. Les offres sont toujours plus intelligentes et le nombre de prestataires augmente, y compris dans le segment plus classique, où l’on trouve depuis quelque temps Post Company Cars. A vrai dire, cette filiale de La Poste est spécialisée dans sa propre gestion de flotte et celles de tiers sous-traitants. Elle s’occupe ainsi de quelque 23 000 véhicules, de la modeste mobylette au semi-remorque. En guise de service additionnel, l’entreprise propose le covoiturage. Comme ils sont partagés avec les membres d’une communauté dédiée, les véhicules d’entreprise sont exploités plus efficacement, ce qui réduit les coûts de tous les intéressés à la flotte de véhicules.

La start-up Rent’n’Share, soutenue par Axa et Swisscom, s’apprête à lancer un nouveau modèle: l’idée est que les clients puissent louer un véhicule pour une période assez longue, par exemple six mois ou un an. Pendant ce laps de temps, les utilisateurs seraient libres de sous-louer le véhicule à d’autres dans le cadre d’un autopartage et d’y gagner quelque argent. 

A la fois écologique et économique

Le mouvement d’autopartage, initialement né dans les milieux verts et alternatifs des années 1980, est l’exemple volontiers cité illustrant le fait qu’écologie et économie sont compatibles. Grâce à l’autopartage il y a bel et bien 31 00 véhicules de moins sur les routes suisses; il faut 46 500 places de stationnement en moins et, année après année, 9,5 millions de litres de carburant sont économisés. La situation gagnant-gagnant qui en résulte pour les intéressés s’explique par le fait qu’un véhicule partagé est utilisé beaucoup plus intensivement qu’un véhicule privé. Une voiture partagée remplace jusqu’à dix voitures privées, puisque ces dernières ne roulent en moyenne qu’une heure par jour. Beau gaspillage d’énergie grise et de capital! Sans parler des coûts quotidiens du parking en ville.


Mobility: offres de mobilité sur mesure pour entreprises

Il y a longtemps que Mobility a découvert les entreprises en tant que clients, et par-là les grands voyageurs. Plus de 4600 entreprises ne jurent plus que par les solutions d’autopartage ajustées à leurs besoins, qui réduisent les coûts et ménagent le personnel. Les avantages pour les entreprises petites et grandes? Mobility assume

  • L’achat et la vente du véhicule
  • Les assurances
  • L’entretien et le nettoyage
  • La gestion des accidents et des dégâts
  • La gestion du véhicule et des systèmes de réservation
  • Le calcul du prix des courses par le biais d’une facture détaillée
  • Sur demande, un décompte précis par centre de coûts, filiale ou collaborateur

Prestataires :

 
Post Company Cars propose désormais le covoiturage aux entreprises, en guise de service additionnel.


Mobility exploite en Suisse quelque 3000 véhicules répartis en neuf catégories sur 1500 sites.


Après son succès en Suisse, Sharoo songe à s’étendre dans diverses grandes villes d’Europe.


Hitch Hike cible les entreprises qui mettent sur pied des formules de covoiturage pour leurs salariés pendulaires.


Rent’n’Share lance la location longue durée, par exemple pour six mois ou une année.

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© Gabioud Simon (gam)