L’année du Covid-19 a été excellente pour de nombreux gérants de fortune et leurs clients, mais de loin pas pour tous.

Le consultant Zwei Wealth a analysé les performances de portefeuilles de plus de 100 banques en 2020 et les a classées en fonction de leur allocation d’actifs. Il en ressort que de nombreux clients ont obtenu une performance supérieure aux indices de référence. Dans ce sens, le rendement est qualifié de «bon» à «très bon» par les auteurs. «Cela prouve que de nombreux gérants ont saisi les opportunités créées par les turbulences des marchés», commente Patrick Müller, directeur général et cofondateur de Zwei Wealth.

La bonne stratégie consistait, selon le consultant, à «rééquilibrer rapidement les portefeuilles lors de la baisse des actions en mars afin de conserver l’allocation stratégique prévue et à réorienter les portefeuilles au profit de la technologie», indique l’étude. Certains gérants ont été surpris par la baisse et ont tardé à réagir.

Des écarts inhabituels

Mais les écarts entre les meilleurs gérants et les moins bons n’ont jamais été aussi grands. «La raison de cette situation exceptionnelle tient au grand nombre de bons gérants», confie Patrick Müller. L’écart moyen s’élève à 21,6 points de pour-cent l’an dernier alors que la moyenne historique se situe à 12,5 points.

A lire aussi: Gestion de fortune: risque n’a pas rimé avec performance en 2020

Concrètement, pour la catégorie centrée sur les actions (part de 90%, contre 10% pour les obligations), le rendement médian, en francs suisses, s’est élevé à 7,5%. La médiane signifie que le nombre de portefeuilles présentant une performance supérieure à ce taux est égal à ceux qui lui sont inférieurs. L’indice de référence a gagné 5%. La meilleure performance a atteint 28% alors que la pire a été négative de 5,4%.

Dans la catégorie «croissance» (65% d’actions), où le rendement médian a atteint 5,9%, le meilleur portefeuille a gagné 28,6%. Le pire a perdu 4,2%. La médiane a ainsi dépassé le rendement de l’indice de référence (2,7%).

Fort logiquement, compte tenu d’une moindre volatilité des obligations, les écarts sont plus faibles dans les catégories de portefeuilles comportant une forte part d’obligations et un modeste pourcentage d’actions. Dans le compartiment «revenu», avec 10% d’actions, le rendement médian s’est limité à 1,1% et les gains vont de 0% à 9,4%. Enfin, dans les mandats purement obligataires, la performance médiane s’élève à 1%. Le meilleur a gagné 9,2% et le pire a perdu 2,3%.

L’étude ajoute que les gérants qui se sont concentrés sur les actifs classiques (actions, obligations, or) ont profité d’une meilleure performance que ceux qui ont tenté de se diversifier dans les hedge funds, les matières premières et les produits structurés. La diversification des risques n’a donc pas fonctionné, juge Patrick Müller.

Selon les observations de Zwei Wealth, les gérants ont accru la part des actions dans le courant de l’année afin de refaire une partie du terrain perdu initialement. Ils ont acheté des actions au dernier trimestre. Les portefeuilles ont donc fini l’année avec une part élevée de risques.