On reconnaît à Jens Alder des qualités indéniables de gestionnaire, confirmées par les «bons» résultats de Swisscom, dans un secteur en crise. Découvrira-t-on en lui un fin stratège? L'opérateur se trouve aujourd'hui en position de force pour acquérir un concurrent. Il a aussi les moyens – son trésor de guerre est évalué entre 5 et 10 milliards – de poursuivre son processus de rachat d'actions, afin de satisfaire ses actionnaires et de soutenir son cours en Bourse.

A priori, le patron de Swisscom ne devrait pas succomber aux chants des sirènes de Deutsche Telekom, à la recherche d'un dirigeant d'envergure. Il s'est montré, comme à son habitude, très présent et a donné le détail des mesures destinées à contrer les conditions de marché difficiles. Il semble avoir également le soutien total de son conseil d'administration puisque sa proposition d'assainissement du groupe a été validée. Jens Alder a donc les coudées franches. Il irait même jusqu'à réaliser des acquisitions, qui pourraient ne pas déboucher sur des synergies. La stratégie du groupe dans son expansion à l'étranger n'a pas toujours remporté le succès escompté. Swisscom est peut-être mieux armé aujourd'hui. Et surtout, les opportunités foisonnent.