La gestion passive franchit la barre des 10 000 milliards de dollars

Fonds Les gains des stratégies indicielles se font au détriment des fonds semi-actifs

Le groupe Amundi veut doubler sa taille et gérer 100 milliards de dollars dans l’indiciel en 2017

La gestion passive, qui a pour but de répliquer la performance d’un indice, est la grande gagnante des années de crise. «Sous forme d’ETF et de mandats, c’est un marché de 10 000 milliards de dollars, soit 15% de l’ensemble de la gestion d’actifs», a déclaré vendredi à la presse, à Zurich, Valérie Baudson, responsable mondiale des ETF et indices pour Amundi. Ce segment de marché a doublé depuis 2008.

La gestion active, qui cherche une meilleure performance que l’indice, reste prédominante (70%), mais sa part décline. «Il serait pourtant erroné de croire que la progression de l’un s’effectue au détriment de l’autre», a poursuivi Valérie Baudson. Les clients font des choix de gestion clairs et ont besoin parfois des uns et parfois des autres, mais tiennent à éviter les produits semi-actifs. En fait de clients, 90% sont des institutionnels.

Le groupe français est le dixième plus grand gérant d’actifs au monde et le premier en Europe. Dans les ETF, il pointe au cinquième rang en Europe, avec 18 milliards de dollars fin août. Son taux de croissance s’est élevé à 800% depuis 2008, contre 230% pour l’ensemble du marché.

En Suisse, Amundi a ouvert en septembre un bureau de représentation à Zurich, après s’être installé à Genève en 2007.

Dans la gestion passive, le groupe gère 53 milliards de dollars, dont 18 milliards en ETF, fin septembre. L’année 2014 sera une nouvelle année de croissance. L’argent frais atteint déjà 6 milliards de dollars. «Nous avons l’ambition de doubler notre taille en trois ans et d’atteindre la barre des 100 milliards de dollars en 2017», a expliqué la directrice. Sa stratégie s’appuie sur deux piliers, le bas niveau des coûts et l’innovation. «Nous voulons offrir des produits en moyenne 25% inférieurs à la moyenne du marché. Le prix moyen est actuellement de 32 points de base, celui de nos produits est de 24 points de base aujourd’hui», a fait valoir la responsable.

Certains observateurs et concurrents affirment que l’analyse du coût devrait intégrer d’autres facteurs, comme la liquidité. Mais Amundi rétorque que 90% des achats et ventes d’ETF s’effectuent en dehors des marchés boursiers.

Le deuxième pilier de croissance du groupe s’appuie sur l’innovation. «Ce terme n’est pas synonyme de complexité», a déclaré Laurent Trottier, responsable de la gestion indicielle et smart beta. Le plus grand produit en termes d’encours est par exemple un ETF sur la dette périphérique européenne, sur l’Italie, l’Espagne, la Belgique et l’Irlande, avec 1,9 milliard de dollars.

La direction a présenté son projet de premier indice à faible émission de CO2 (lob carbone index). Amundi investit particulièrement dans le développement durable, puisqu’avec 15 analystes, il s’est doté de la plus grande équipe du marché.

La plupart des indices durables souffrent d’une trop faible diversification sectorielle pour représenter correctement un indice régional. Trop de branches d’activités sont exclues des indices verts. A la demande de deux grandes caisses publiques, AP4 en Suède et le Fonds de réserve pour les retraites en France, le gérant a donc développé un indice qui prend en compte les émissions de carbone et les réserves fossiles. «Les réserves des grands groupes pétroliers ne pourront pas être entièrement exploitées. Pourtant, elles sont intégrées dans la valeur intrinsèque de leurs actions», a expliqué Laurent Trottier. La performance du nouvel indice devrait pouvoir dépasser celle de l’indice général.

La plupart des indices durables souffrent d’une trop faible diversification sectorielle