Expo.02, la construction d'un barrage, l'implantation d'un nouveau système informatique dans l'entreprise, le lancement d'une nouvelle gamme de cosmétiques, l'aménagement intérieur d'une succursale, la réorganisation du service des ventes: le point commun entre tout cela? Ce sont des projets qu'il a fallu mener à bien. La vie des entreprises, des administrations, des associations est constamment faite de projets, qui se succèdent, avec, à leur tête, des chefs de projet chargés de les mener à bien. Souvent, ce «métier» s'improvise ou s'acquiert en le pratiquant. Mais il peut aussi s'apprendre.

Les formations spécifiques en management de projet prennent même un essor considérable. Longtemps enseignée comme un élément parmi d'autres au sein d'une formation en économie ou en organisation, la gestion de projet devient un champ d'étude en soi. Et, vu les besoins immenses des entreprises en la matière, c'est aussi un créneau fort intéressant.

Comment monter et planifier un projet, comment convaincre la hiérarchie de le lancer, comment le gérer de A à Z, trouver un financement et maîtriser les coûts, avec une équipe qui s'engage en sa faveur et des clients satisfaits en bout de course? Comment, au fond, éviter le désastre d'un plan qui manque sa cible ou s'enlise, avec des résultats inutilisables, de l'argent jeté par les fenêtres et des équipes en conflit? Quel que soit le domaine, des outils et des méthodes identiques peuvent être appliqués: «Je dirais qu'un chef de projet doit maîtriser une trentaine d'outils classiques qui permettront de planifier et de faire avancer la situation en menant correctement son équipe», lance Philippe Merlier, professeur à la Haute Ecole de gestion (HEG) à Genève.

Actif dans ce domaine depuis une quinzaine d'années, il est le créateur et l'animateur du nouveau cours postgrade en management de projet appliqué (MPA), une formation en emploi sur six mois dont la première session va démarrer début septembre avec une quinzaine de participants. Les cours sont axés sur trois thèmes: le processus et les méthodes, la psychologie du management, le marketing de projet. La moitié environ de la formation est théorique, et elle se fait en partie à distance. Puis les candidats passent à la pratique par une «immersion totale»: ils choisissent un projet et le mènent à bien pour démontrer leurs compétences de chef de projet. Un système de coaching les encadre. Si le cours fonctionne bien, des développements sont prévus: notamment une spécialisation par métier.

A Genève, une autre formation académique est en concurrence avec celle de la HEG: celle qui se fait à l'université dans le cadre des Hautes Etudes commerciales. Un certificat en management de projet existe depuis deux ans et les candidats s'y bousculent. La formation, également en emploi, se déroule sur une année, le week-end en général. «Le management de projet intègre des approches qui étaient disjointes auparavant, en finance et en comptabilité, en logistique, en ressources humaines, en contrôle de la qualité, en suivi de projet, en informatique, etc.», explique Bernard Morard, président des HEC et directeur du programme, avant d'ajouter: «Avant, on pouvait s'improviser chef de projet. Maintenant, en période de restriction budgétaire, ce n'est plus possible. Il faut des compétences pour mener sa barque jusqu'au bout.» C'est aussi au vu de la forte demande que la Société des employés de commerce de Lausanne (SEC Lausanne) va démarrer des cours en management de projet, en septembre également. Ces formations – comme celles déjà existantes de l'Association suisse d'organisation et de management (ASO) d'ailleurs – préparent plus directement à une certification internationale selon les normes dites IPMA (International Project Management Association), l'une des références dans la profession. Ces certifications sont classées de A pour le directeur de projet de niveau international à D pour l'assistant de projet et elles ont une durée de vie limitée: elles doivent être confirmées périodiquement.

«Chez nous, au départ, la gestion de projet faisait partie des cours d'informatique, explique Nathalie Schwery, la responsable de formation de la SEC Lausanne. Mais, pour répondre aux besoins de nos membres, nous avons choisi de mettre sur pied un enseignement spécifique.» La SEC se concentre sur deux niveaux de formation, ceux d'assistant de projet et de responsable de projet.

Quant à l'ASO, elle propose notamment «aux professionnels qui veulent se faire certifier une journée de coaching au cours de laquelle a lieu une autoévaluation. Cela leur permet de déterminer le niveau où ils se trouvent, B, C ou D, explique Thierry Bonjour, le vice-président de l'ASO. Ensuite, nous leur proposons une formation à la carte: ils suivent tel ou tel module pour compléter leur bagage de départ et être prêts à se faire certifier.» Autant de cursus possibles en fonction des besoins et des compétences des candidats. Ils prouvent, si besoin était, qu'être responsable d'un projet est un vrai métier, une profession en plein développement, dans le sillage des nouvelles méthodes de gestion et d'organisation des entreprises.

Pour plus de renseignements:

http://www.geneve.ch/heg/formations/mpa et info.mpa@heg.ge.ch

http://www.seclausanne.ch et formation@seclausanne.ch

http://projet.unige.ch

http://www.aso-organisation.ch