«La Suisse est un immense coffre-fort»

Le Temps: Firmenich fête cette année son 120e anniversaire. Que prévoyez-vous à cette occasion?

Gilbert Ghostine: Nous avons plusieurs projets en route. Comme, par exemple, inaugurer autour du 1er novembre, date exacte à laquelle l’entreprise a été créée, le musée Firmenich. Situé à l’entrée de notre site de Meyrin, il sera accessible à nos visiteurs et contiendra des outils d’époque, notre prix Nobel de chimie obtenu en 1939, et autres fragments de notre héritage unique.

– Le site de la Jonction, votre plus grand centre de recherche au monde, est appelé à déménager en raison du projet urbanistique Praille-Acacias-Vernets.

– C’est avant tout le calendrier des autorités qui décidera de la date de notre redéploiement du centre-ville à la périphérie. Mais il y a suffisamment de terrains à bâtir à Meyrin pour construire de nouveaux laboratoires.

– Genève abrite trois usines (une pour chacun de vos domaines d’expertise), dont celle des parfums que vous devez encore inaugurer.

– Firmenich a investi 55 millions de francs dans ce nouveau site de production baptisé Léman. Fleuron de l’industrie, il sera automatisé à 95%. Nous nous réjouissons de l’inaugurer dans les prochains six mois.

– Est-ce à Genève que vous conservez la formule secrète de boissons sucrées gazéifiées ou de parfums célèbres, comme Black Opium?

– Il est vrai que la Suisse est le plus grand et le plus sécurisé des coffres-forts au monde. Nos formules sont bien évidemment gardées avec la plus grande précaution. Mais je ne peux pas vous en dire plus. Si ce n’est peut-être que la note phare du Black Opium, faisant partie des meilleures ventes de parfumerie fine cette année en Europe, c’est le café.

– En avril dernier, vous avez procédé au licenciement d’une vingtaine de collaborateurs à Genève. S’agit-il d’une mesure isolée?

– Cette restructuration répond à un besoin de simplifier nos services généraux, afin d’être plus agiles. Nous avions plus de 100 prestataires externes dans ce domaine. Aujourd’hui, nous n’en avons conservé plus qu’un: ISS. Il s’agit pour Firmenich de se concentrer sur ses métiers clés que sont les parfums, les arômes et la recherche.

– On vous a accusé de sous-payer des informaticiens roumains?

– Il y a eu une enquête, qui a confirmé que nous n’avions rien à nous reprocher. Nous avons profité de cette mésaventure pour rappeler avec fermeté nos codes de conduite et renforcer nos valeurs fondamentales auprès de nos sous-traitants. Nous avons toujours eu pour principe d’opérer selon les plus hauts standards d’éthique, de sécurité, ou encore de développement durable, domaines pour lesquels nous avons d’ailleurs reçu plusieurs distinctions.