L'entreprise pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) devra-t-elle rembourser tout ou partie du chiffre d'affaires de 330 millions de dollars réalisé par la prescription de l'antidépresseur Paxil à des adolescents et des enfants durant six ans? C'est la question à laquelle devra répondre un tribunal de New York après la plainte déposée par le procureur Eliot Spitzer, qui compte à son actif le changement des pratiques des banques à la suite des conflits d'intérêts liés aux recommandations boursières.

L'affaire est intéressante dans la mesure où elle met le doigt, non pas sur de fausses déclarations, mais sur le choix partisan et l'utilisation des données cliniques les plus favorables pour promouvoir la vente d'un médicament auprès de la communauté médicale. En l'occurrence, selon Eliot Spitzer, cité par le Financial Times et le Wall Street Journal, sur les données de cinq études cliniques relatives à l'effet de Paxil sur les enfants et adolescents, seules celles favorables au médicament ont été facilement accessibles à la communauté médicale et aux représentants médicaux. De plus, une directive interne de GSK aurait demandé de gérer les données négatives de manière à ce qu'elles aient le moins d'effet commercial néfaste possible.

Des pensées suicidaires

L'une des études partiellement dissimulée démontre que Paxil provoque des pensées suicidaires chez 7,7% des adolescents, contre 3,3% lors de l'administration d'un placebo. Deux autres études, cependant contredites par des études cliniques nettement plus positives, démontrent que le médicament n'est pas plus efficace qu'un placebo.

GSK prétend que l'ensemble de ces études était accessible, par un moyen ou un autre, à la communauté médicale. De plus, Paxil a été approuvé par la FDA pour une utilisation réservée à des adultes. Les médecins étaient cependant libres de le prescrire aux adolescents.