Dans sa proposition de fusion avec Xstrata, Glencore va s’en tenir à son offre initiale. Le géant du négoce de matières premières basé à Baar devrait résister aux pressions, selon une source citée par l’agence Bloomberg. Aucune discussion avec les actionnaires refusant la proposition de fusion ne s’est tenue ce week-end ou n’est prévue durant la semaine.

Alors que le vote décisif se tiendra vendredi, les actionnaires de Xstrata demandent depuis quelques semaines une amélioration de l’offre de fusion faite par le patron de Glencore, Ivan Glasenberg. Ce dernier propose 2,8 actions de l’entité fusionnée («Glenstrata») pour chaque action actuelle de Xstrata. Trop peu, jugent certains actionnaires de Xstrata, qui estiment qu’un ratio de 3,25 serait «plus approprié».

Aucune discussion ne s’est tenue durant le week-end et aucune n’est prévue entre Glencore et Qatar Holding, le fonds d’investissement qatari et le plus grand investisseur de Xstrata à s’opposer à la fusion. Si cette proposition devait échouer vendredi, poursuit l’informateur de l’agence Bloomberg, les cadres du groupe considéreraient déjà une nouvelle offre qui serait plus difficile à bloquer.

Les oppositions à cette fusion, annoncée début février, se sont intensifiées la semaine dernière, lorsque le fonds d’investissement du Qatar – qui détient 12% de Xstrata – a confirmé qu’il allait voter contre la proposition d’Ivan Glasenberg le 7 septembre prochain.

«Nous croyons que Xstrata possède un futur solide, que le groupe soit combiné avec Glencore dans des termes acceptables ou comme entité indépendante, a déclaré Qatar Holding. Les actions de Xstrata représentent un investissement attractif à long terme». Cette prise de position a surpris les observateurs, alors que le fonds d’investissement d’Ahmad Al-Sayed préfère en général éviter d’intervenir dans les sociétés dans lesquelles il détient une participation.

Le fonds d’investissement norvégien Norges Bank Investment Management (NBIM), qui possède 2,97% de Xstrata, s’oppose également à la fusion. Le fonds a dépensé plus de 500 millions de dollars au cours des semaines précédentes pour augmenter ses parts dans le groupe minier. Il est passé de 1,72% en juin à 2,97% aujourd’hui.

«Si cela ne se produit pas, pas de problème», a déclaré récemment Ivan Glasenberg lors d’une conférence téléphonique avec les investisseurs, voulant minimiser l’impact du refus potentiel de cette fusion. «Ce n’est pas le seul accord qui puisse être conclu.»

Glencore, qui possède pour l’heure 34% de Xstrata mais qui ne pourra pas voter vendredi, voudrait s’approprier le reste du producteur de charbon, de cuivre et de zinc pour devenir le quatrième conglomérat minier au monde.