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En élaborant une nouvelle politique de distribution des bénéfices pour Glencore, son patron s’est attribué un «bonus» de quelque 244 millions de dollars.

Matières premières

Glencore récompense ses actionnaires et le fisc suisse en profite

Soutenu par le cours des matières premières, le groupe zougois reversera 2,9 milliards de dollars. Une pluie de dividendes historique, qui a de quoi rassurer du côté de Zoug

Près de 3 milliards de francs. C’est la somme que Glencore distribuera à ses actionnaires en guise de participation aux bénéfices «historiques» du géant des matières premières, comme l’a annoncé mercredi son directeur Ivan Glasenberg lors de la présentation des résultats annuels.

C’est l’équivalent de près de 20% de son bénéfice brut de 14,7 milliards de dollars, enregistré sur l’année fiscale 2017. Cette redistribution va bien au-delà des engagements que le géant zougois avait pris auprès de ses actionnaires. Et devrait faire plaisir au fisc helvétique.

Parmi les actionnaires de Glencore: UBS et Credit Suisse détiennent, en propre ou pour le compte de tiers, respectivement 32 millions et 8,4 millions d’actions, la Banque Cantonale de Zurich 5,8 millions. Pour une participation totale de 0,32%, selon le registre du groupe basé à Baar (ZG) mais coté sur la bourse londonienne. C’est loin derrière les 8,9% de BlackRock (1,3 milliard d’actions), mais le plus grand gestionnaire d’actifs du monde agit également pour le compte de nombreux clients suisses qui toucheront, eux aussi, leurs parts de bénéfice dans les prochains mois.

Les acquisitions avant la distribution

Cette pluie de dividendes est rare. Glencore n’avait pas versé un centime à ses actionnaires sur l’année fiscale 2016. Pendant le super-cycle des matières premières (2008-2014), l’ex-spécialiste du négoce avait dépensé sans compter pour acquérir ses propres capacités extractives. Le groupe, connu parmi les analystes pour préférer les acquisitions aux versements de dividendes, s’était même offert le «deal du siècle» avec l’acquisition des géants Xstrata (mine) et Viterra (agriculture) en 2012, un an après son entrée en bourse. La baisse des cours avait mis un frein aux ambitions du groupe endetté à hauteur de 30 milliards de dollars, alors que le journal Le Monde titrait en 2015 sur la «chute du roi du négoce».

Depuis, les cours des matières premières sont remontés et le bénéfice net du groupe a bondi de 1,4 milliard de dollars en 2016 à 5,8 milliards l’an dernier. Le modèle «intégré» mi-trader, mi-mineur de Glencore commence à payer. Le groupe a divisé sa dette par trois, à 10,6 milliards de dollars, selon les chiffres publiés mercredi, malgré son intense activité sur le marché des acquisitions: 4 milliards de dollars ces 18 derniers mois.

Rendre aux actionnaires, s’offrir un bonus

Après avoir mis officiellement un terme à son plan de désendettement en février dernier, Glencore a souhaité récompenser ses actionnaires en mettant en place une nouvelle politique de redistribution de ses profits. Le groupe s’est engagé à verser, sous forme de dividende, un minimum de 1 milliard de dollars plus 25% de ses flux de trésorerie. Pour 2017, les analystes estimaient cette somme entre 2,1 et 2,2 milliards de dollars, selon Bloomberg.

Ivan Glasenberg a été plus généreux encore. Il faut dire que les cadres de Glencore se répartissent quelque 30% des actions du groupe. Le Sud-Africain détient à lui seul 8,4% des parts. Déjà multimilliardaire, il devrait toucher quelque 244 millions de dollars de dividendes, en plus de son salaire. Bonne nouvelle pour le fisc helvétique: il réside à Rüschlikon, en face de la côte dorée zurichoise.

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