Matières premières

Glencore tranchera d'ici à novembre sur le sort de l'usine Koniambo 

La société suisse annoncera en fin d'année si elle continue à financer l'unité métallurgique de Nouvelle-Calédonie, qui lui a coûté 7,1 milliards d'euros

Le géant zougois Glencore décidera d'ici novembre s'il continue à financer l'usine de nickel Koniambo en Nouvelle-Calédonie, dont le coût a atteint «8 milliards de dollars» , soit 7,1 milliards d'euros, et dont la montée en production fait face à des problèmes techniques, a indiqué mardi le président de Koniambo Nickel (KNS).

L'unité métallurgique au nord de l'archipel est entrée en production en avril 2013, mais fin 2014 une fuite de métal due un défaut de conception a nécessité la reconstruction d'un des deux fours, pour un coût de 60 millions de dollars.

A l'arrêt depuis le 28 février 2016, le second four devra lui aussi être reconstruit si la «performance» du procédé est démontrée. Une équipe d'ingénieurs de haut niveau de Glencore est en Nouvelle-Calédonie depuis deux mois pour parvenir à réussir la montée en puissance du four remis à neuf, confronté «à un problème de température du métal», a indiqué KNS. «On a baissé la température, les résultats sont encourageants.

L'effondrement des prix pèse sur l'usine

Notre défi est de démontrer que l'usine est technologiquement viable pour donner une chance au projet d'être rentable», a déclaré Marc Boissonneault, président de KNS, en marge d'une conférence organisée par le Medef-NC. «On est en train de maitriser le procédé», a-t-il ajouté, précisant que 5 000 tonnes de nickel avaient été produites depuis le début de l'année et que l'objectif annuel restait de 16 000 tonnes.

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Marc Boissonneault a précisé qu'une décision «de continuer à investir» serait prise par Glencore «vers la fin de l'année, entre août et novembre», alors que le projet Koniambo a flambé «à environ 8 milliards de dollars». Le président de KNS, également chef des actifs nickel du géant suisse, a déclaré «qu'avec 16 000 tonnes, ce n'est pas rentable» et «qu'au niveau de prix aujourd'hui, il faudrait atteindre 50 000 tonnes annuelles».

En raison du repli de l'économie chinoise et d'une surcapacité de production, les prix du nickel se sont effondrés, sans perspective de reprise selon les experts, avant au moins deux ans.

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«La seule chose qui nous décourage, ce sont les prix du marché, mais on ne peut pas les contrôler», a commenté Marc Boissonneault. Détenue à 49% par Glencore et à 51% par les indépendantistes kanak de la province Nord de Nouvelle-Calédonie, l'usine Koniambo est financée par le géant suisse.

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