Coup(s) de théâtre. Quelques heures avant les votes décisifs, Glencore a fini par céder aux pressions en revoyant son offre de fusion avec Xstrata. La pression de quelques puissants actionnaires du conglomérat minier, opposés aux conditions initiales de la fusion, a donc porté ses fruits. Vendredi, les termes ayant été améliorés in extremis (une action de l’entité fusionnée Glenstrata vaut désormais 3,05 actions Xstrata, contre 2,8 précédemment), les assemblées générales des deux groupes de Baar (ZG) de vendredi ont été ajournées. Hier en fin de journée, Xstrata estimait toutefois que la prime proposée était «significativement inférieure à ce que l’on pourrait attendre dans le cadre d’une reprise», évoquant désormais un rachat («takeover»). L’union entre les deux mastodontes zougois ferait naître un géant pesant 80 milliards de francs en bourse pour 130 000 employés.

Jeudi soir, UBS estimait qu’il y avait 60% de risque que la fusion échoue. Les grands actionnaires de Xstrata se montraient intraitables tandis que Glencore ne voulait pas améliorer son offre… jusqu’aux négociations inattendues.

«Quelle farce!»

Jusqu’aux petites heures du matin, vendredi à Londres, des négociations se sont tenues entre le fonds souverain du Qatar – le plus gros des actionnaires de Xstrata opposés à la fusion – et Ivan Glasenberg, patron de Glencore. Les discussions, assure le Financial Times, ont été menées par l’ex-premier ministre britannique Tony Blair. Hier matin, à l’ouverture de l’assemblée générale de Glencore, le président du conseil d’administration, Simon Murray, est venu évoquer des «événements» justifiant un ajournement de la séance.

Durant les vingt premières minutes de l’assemblée générale de Xstrata, retransmise en direct sur Internet, une poignée de directeurs chuchotaient sur la scène du casino-théâtre de Zoug. Sans qu’il ne s’y passe rien. Puis un communiqué de presse du géant minier a été diffusé, évoquant le «relèvement de l’offre». Ivan Glasenberg devant en outre prendre la place de «directeur général du groupe fusionné» à la place de Mick Davis, patron actuel de Xstrata. Quatre questions d’actionnaires plus tard, le vote était à son tour ajourné et la séance, levée. «What a farce!» ricanait un blog du Financial Times.