Une année 2012 difficile, des matières premières qui se déprécient en raison d’une activité économique mondiale tournant moins vite. De Rusal à Rio Tinto en passant par Anglo American ou BHP Billiton, tous les géants des minerais ont dévoilé des profits annuels en baisse. A son tour, Glencore a dévoilé mardi un recul d’un quart de ses profits, à 3 milliards de dollars. En prenant en compte les éléments exceptionnels – notamment une dépréciation d’actifs sur sa participation dans le producteur russe d’aluminium Rusal – il ne reste même qu’un milliard pour ses actionnaires.

Ivan Glasenberg, le directeur général de l’empire du négoce, s’est pourtant dit «particulièrement satisfait que les résultats se soient montrés bien plus robustes que [ceux du] secteur». Les ventes ont ainsi tenu une progression de 15%. En dépit des baisses de cours, les traders de Zoug sont parvenus à enregistrer des recettes de 9% supplémentaires sur les métaux et les minerais. Et de 21% de plus sur les produits agricoles, secteur dans lequel le groupe s’est renforcé avec la récente acquisition du canadien Viterra.

Xstrata, le géant minier avec lequel Glencore est sur le point d’être réuni, est plus à la peine. Les ventes du premier exportateur de charbon pour centrales électriques thermiques ont dérapé de 7% à 31,6 milliards de dollars. Et ses profits nets ont dévissé de 37% l’an dernier. En intégrant les éléments exceptionnels, ceux-ci se limitent à 1,2 milliard de dollars, quatre fois moins que l’an dernier.

Plus que sur les résultats obtenus lors de cette année difficile, tous les regards restent focalisés sur le bouclage du rapprochement entre les deux groupes, initialement prévu pour la fin 2012. Ivan Glasenberg a indiqué mardi que son approbation avait été retardée par le changement au sein du gouvernement chinois. «Nous sommes en cours de discussion avec les autorités», a-t-il déclaré mardi, ajoutant qu’il espérait pouvoir obtenir le feu vert d’ici au 15 mars. Ivan Glasenberg n’a toutefois pas souhaité préciser s’il serait amené à faire des concessions. Pékin scrute à la loupe le contrôle qu’aura sur ses approvisionnements la formation du quatrième conglomérat minier, qui sera en particulier le troisième producteur mondial de cuivre. L’an dernier c’était son poids sur le marché du zinc qui indisposait les autorités européennes: celles-ci avaient exigé la fin des contrats de distribution avec le groupe métallurgique belge Nyrstar.

Un feu vert chinois permettrait à Ivan Glasenberg de repartir à la chasse aux «deals». Ce dernier a indiqué hier que son groupe allait «continuer des opérations de fusions et acquisitions pour peu qu’elles nous fournissent le bon retour sur investissement».

Le tournant de ces annonces de résultats a incité les investisseurs à revenir sur les titres de Glencore et de Xstrata, dont la valeur s’est appréciée d’environ 6% sur la seule journée de mardi.

Ivan Glasenberg a indiqué que son groupe allait «continuer les acquisitions»