Au quatrième trimestre 2009, Goldman Sachs a enregistré un bénéfice net part du groupe de 4,787 milliards de dollars. Par action, le bénéfice se porte à 8,20 dollars, très largement au-dessus des 5,20 dollars attendus en moyenne par Wall Street. «Je pense que les employés de Goldman Sachs ont fait un superbe travail» en 2009, a commenté le directeur financier David Viniar lors d’une conférence téléphonique jeudi.

La banque a octroyé 16,2 milliards de dollars de salaires et bonus à ses employés cette année, bien plus que les 10,934 milliards versés l’an dernier.

Au quatrième trimestre 2008, au plus fort de la crise financière, elle avait essuyé la première perte trimestrielle de son histoire et avait dû faire appel à 10 milliards de dollars d’aide gouvernementale, aujourd’hui remboursés.

Alors que le niveau très élevé des rémunérations dans la finance, en particulier chez Goldman Sachs, fait scandale dans l’opinion, les médias et la classe politique aux Etats-Unis, la banque a voulu faire taire les critique en diminuant ses rémunérations de 519 millions de dollars par rapport à ce qui était attendu, par le biais d’une donation au fonds de charité Goldman Sachs Gives. Au précédent trimestre, la banque du 85 Broad Street, à New York, avait en effet annoncé avoir mis de côté 16,712 milliards pour ses employés pour 2009.

M. Viniar, qui a précisé qu’une majorité de la réduction des rémunérations serait assumée par les hauts dirigeants de la banque, a affirmé que Goldman Sachs n’était «pas aveugle et (avait) conscience de l’environnement économique et de la souffrance qui persiste dans le monde».

«Nous ne sommes pas sourds aux appels à la mesure (dans les rémunérations), nous les avons entendus», a-t-il assuré. Goldman revendique pour 2009 «le plus faible ratio de rémunération jamais enregistré comparé au produit net bancaire». Le ratio de rémunérations comparé au chiffre d’affaires de la banque atteint 35,8% en 2009, contre quelque 46,7% en moyenne entre 2000 et 2008.

Les 32’500 employés de Goldman Sachs recevront malgré cela en moyenne un demi-million de dollars par personne au titre de 2009.

A la question de savoir si ce chiffre serait en mesure de calmer la fureur du Parlement américain autour des rémunérations élevées des banques au moment où le chômage se maintient à 10% aux Etats-Unis, M. Viniar a rétorqué: «aimeriez-vous également que nous parlions du bénéfice moyen généré par employé?».

Interrogé sur des informations de la chaîne de télévision britannique Sky News affirmant que les employés londoniens de la firme seraient moins payés que leurs collègues d’autres pays en raison de la taxe sur les bonus mise en place par le gouvernement britannique, M. Viniar s’est montré vague. «Ce n’est pas sûr à 100%», a-t-il dit, mentionnant plus loin que la banque avait tenu compte de cette taxe «et d’autres chose qui se passent dans le monde» pour fixer ses niveaux de rémunération.

M. Viniar n’a pas souhaité commenter les mesures que le gouvernement Obama vient d’annoncer pour réduire la taille des banques américaines et leur prise de risque, indiquant ne pas en connaître encore la teneur, mais il a estimé qu’il serait «très dangereux d’essayer de réguler uniquement en prenant en compte la taille» d’une institution.

Il a aussi affirmé que Goldman se considérait pas être trop grosse pour que le gouvernement se permette de la laisser faire faillite. «Nous ne conserverions pas 160 milliards de dollars d’excès de liquidités si nous pensions que quelqu’un va nous protéger», a-t-il conclu.