Immobilier

Goldman Sachs pourrait se lancer sur le marché hypothécaire suisse

La banque d'investissement est particulièrement intéressée aux ménages à bas revenus dont la situation les empêche d'obtenir un crédit en raison des critères de viabilité, selon la NZZ am Sonntag 

Raiffeisen avait tenté d'introduire des crédits hypothécaires aux bas revenus, avant de renoncer en raison de l'opposition des autorités. Aujourd'hui Goldman Sachs pourrait reprendre le flambeau, selon la «NZZ am Sonntag». «Nous analysons l'attractivité du marché depuis plus d'un an sur mandat de Goldman Sachs. Nous portons avant tout notre regard sur les produits les mieux adaptés à la demande», confirme à l'hebdomadaire zurichois Stefan Heitman, directeur de Moneypark, un spécialiste des hypothèques.

Le marché hypothécaire suisse s'est accru de 48% en dix ans et dépasse maintenant 1000 milliards de francs. Mais le pourcentage de propriétaires est le plus bas d'Europe, à 40%. 

Un taux théorique qui pose problème

Goldman Sachs n'en est qu'au stade de l'étude. L'institut n'a pas pris de décision définitive, mais sa porte-parole indique au média alémanique qu'elle est «prête à saisir toutes les opportunités en vertu des standards locaux». La banque d'investissement n'est pas seulement le numéro un de la banque d'investissement. Elle est déjà active aux Pays-Bas depuis 2015 dans les hypothèques pour le marché grand public. Et elle vient d'ouvrir une succursale destinée à ce segment dans la ville de Milton Keynes, en Angleterre. 

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En Suisse, c'est le segment des bas revenus qui semble l'intéresser. Les banques n'octroient un prêt qu'en vertu d'un taux théorique de 5%. Le financement de l'hypothèque (à 5%) ne doit pas prendre plus du tiers du revenu du ménage, selon les critères de prudence des banques. Or les taux du marché sont très inférieurs à ce taux théorique. Il est par exemple possible d'avoir une hypothèque à partir de 1,3% auprès de certains instituts.

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Les banques Raiffeisen avaient déjà tenté, il y a deux ans, d'imaginer un taux inférieur pour les bas revenus, mais elles avaient rencontré une vive opposition de la part des autorités de la Finma. 

Sur un marché suisse marqué par le vieillissement démographique, donc par une baisse du revenu après la retraite, de plus en plus de propriétaires sont confrontés à des difficultés à financer leur hypothèque, selon le journal alémanique. Le taux de propriétaire atteint 55% pour les plus de 70 ans. Or les revenus des 65 à 74 ans sont inférieurs de 39% à ceux des 55 à 64 ans. Goldman Sachs trouvera-t-elle une solution à ce défi?

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