Il y a un mois pratiquement jour pour jour, nous mettions en avant l’importance de la réforme fiscale américaine pour les marchés. Le scénario était bien établi, comme les investisseurs les aiment. La baisse du taux d’imposition des entreprises américaines de 35% à 25% ou 20% ferait exploser bénéfices, dividendes et cours boursiers. Les marchés ont anticipé que ce scénario se réaliserait avec l’élection de Donald Trump. Mais cette si belle histoire n’est pas encore écrite.

Echec de la réforme du système de soins

Pour concrétiser sa réforme fiscale, «Trump (devait) faire travailler ses équipes 24 heures sur 24 jusqu’au mois d’août», pour que sa réforme se fasse cette année, écrivions-nous le 12 mars. Durant le mois écoulé, le président américain a rempli la première partie de l’équation. Ses équipes ont effectivement travaillé d’arrache-pied, tout d’abord sur la réforme du système de soins.

Un projet délicat à faire passer au Congrès, expliquait dans nos colonnes l’avocat new-yorkais David Rosenbloom dix jours plus tard. Ses arguments: la suppression de l’Obamacare priverait 24 millions d’Américains de couverture sociale sur dix ans, tout en ne satisfaisant pas les Républicains ultra-conservateurs, qui jugent la réforme insuffisante. Le projet a bel et bien échoué, faute de soutien de ces élus «purs et durs» du Freedom Caucus. Lesquels ont rapidement fait l’objet d’attaques présidentielles, et même d’un «tweetstorm» invitant à les combattre.

Engagements sur le climat éradiqués

L’échec de la réforme de l’Obamacare – supposée plus facile – est un très mauvais point dans la perspective de la réforme fiscale. Trump s’est donc empressé de réformer autre chose, le plus vite possible. En l’occurrence, les engagements d’Obama sur le climat, éradiqués trois jours plus tard.

Oui, Trump n’a pas fait que jouer au golf depuis son entrée en fonction, le 20 janvier. Il a bien taquiné la petite balle blanche à dix reprises au cours de ses deux premiers mois de présidence, mais il a surtout trouvé le temps d’envoyer 59 missiles tomahawks sur la Syrie, dans la nuit de jeudi à vendredi. Peut-être histoire d’être tranquille pendant son week-end de golf ou pour se détendre devant le Masters d’Augusta.

Comme les marchés l’espéraient, les équipes de Trump et le président lui-même ont beaucoup travaillé au cours du mois qui vient de s’écouler. Mais sans avancer vers la réforme fiscale tant attendue par les marchés. Le mois d’août approche à grands pas.