Les données que Google récolte dans le domaine médical sont beaucoup plus importantes que ce que l’on croyait. Ou, plus précisément, plus importantes que ce que la société américaine avait annoncé. Le magazine «New Scientist» vient de révéler que des informations concernant 1,6 million de patients britanniques avaient été transférées au moteur de recherche. Le contrat de départ, qui stipulait que seules des données concernant les reins devaient être envoyées, n’a ainsi pas été respecté à la lettre.

C’est la division DeepMind de Google – récemment rendue célèbre par sa victoire, dans le jeu de go, face à un humain –, qui est concernée. DeepMind Health avait annoncé en février de cette année un accord avec le Royal Free NHS Trust, un organisme regroupant trois hôpitaux privés à Londres: Royal Free Hospital, Barnet Hospital, Chase Farm Hospital. Selon ce qui avait été annoncé, le Royal Free NHS Trust ne devait fournir à Google que des données anonymisées de 1,6 million de patients concernant leurs reins. Et rien d’autre. Et pourtant: selon le «New Scientist», la division de Google a accès à des informations concernant par exemple d’éventuels avortements, la prise de drogue ou le fait d’être HIV positif.

Interrogée par le magazine, la firme américaine s’est défendue: les données reçues étant très peu structurées, il lui était indispensable d’avoir accès à toutes les informations pour en extraire celles qui l’intéressent. Le Royal Free NHS Trust a de son côté affirmé que les données étaient anonymisées et que seul lui possédait la clé pour déchiffrer ces informations. Les données doivent par ailleurs être détruites par Google en septembre 2017.

Détection sans symptôme

Selon le «New Scientist», DeepMind projette de créer une plateforme, baptisée Patient Rescue, qui a pour but d’aider les médecins de ces hôpitaux londoniens lors de la prise de décision concernant leurs patients. L’idée est de prévoir l’apparition d’une maladie, même sans symptôme, en se basant sur les données de millions d’autres patients. A la base, DeepMind souhaite développer une application, nommée «Streams», pour prévoir, sur la base de tests sanguins, le risque de développer une insuffisance rénale aiguë.


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