Publiés quelques jours après ceux d’Apple, une semaine avant ceux de Facebook et le même jour que ceux d’Amazon, les résultats d’Alphabet, la holding de Google, suscitent généralement peu d’attention. Et pourtant, ils méritent de s’y intéresser. Les chiffres trimestriels publiés dans la nuit de jeudi à vendredi par le moteur de recherche montrent qu’il ne cesse d’accroître sa domination mondiale, avant tout sur le marché publicitaire.

Il y a d’abord la croissance, globale, des résultats du groupe. Sur une année, le bénéfice net a augmenté de 27% à 5 milliards de dollars au troisième trimestre alors que le chiffre d’affaires a progressé 20% à 22,5 milliards, et ce sans l’aide d’aucun élément exceptionnel. Portée par cette croissance, la capitalisation boursière atteint désormais 550 milliards de dollars, ce qui conforte la deuxième place mondiale d’Alphabet, derrière Apple (603 milliards).

Hausse sur le mobile

Il y a ensuite la transition, jugée unanimement réussie, de Google, la division principale d’Alphabet, vers le smartphone. En l’espace d’un an, le nombre de clics sur les publicités Google affichées sur téléphone a crû de 33%, l’augmentation la plus importante enregistrée en quatre ans. L’essor du mobile n’a qu’un seul revers: les annonceurs sont prêts à payer moins pour ces clics. Au troisième trimestre, le coût moyen par clic a chuté de 11%, soit davantage que la baisse de 7% du trimestre précédent.

Mais Google compense ce recul via son emprise mondiale. Son système Android est présent dans 87% des smartphones qui se vendent sur la planète et Google demeure le moteur de recherche par défaut sur l’iPhone. Selon une étude de la société de marketing numérique Merkle, citée par le «Wall Street Journal», Google contrôle 95% de la recherche sur mobile et 78% de la recherche sur ordinateur.

Si la régie publicitaire de Google s’assure une présence sur l’immense majorité des écrans, le groupe compte aussi sur son propre réseau de sites et de services pour afficher des annonces. Ainsi, la société est parvenue à accroître le nombre de clics sur les annonces publiées sur ses sites de 42%. «Nos services sont ce qui se fait de mieux dans le monde mobile», a claironné Sundar Pichai, directeur de Google. YouTube, que des analystes sentaient un temps menacé par le succès des vidéos sur Facebook, est le moteur principal de cette croissance. «La vidéo en ligne est la source de croissance la plus importante pour la publicité et YouTube est le meilleur site pour profiter de cette tendance», notait un analyste de Jefferies LLC dans une note, relayée par Bloomberg.

«Paris» toujours déficitaires

Les analystes ont aussi salué le travail effectué par Ruth Porat, la directrice financière, pour insuffler plus de discipline dans les investissements. Cette semaine, Alphabet a revu à la baisse ses ambitions dans la fibre optique. La réduction de certains budgets aurait incité des responsables, dont celui de Nest (thermostats connectés) et celui chapeautant les voitures autonomes, à quitter le groupe. La division «autres paris», qui regroupe, entre autres, ces activités, a affiché une perte opérationnelle de 865 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 197 millions.


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