Google change son algorithme, forçant les entreprises à s’adapter

Internet Le moteur de recherche veut mettre en avantles sites optimisés pour smartphones

Les résultats de recherche risquent de varier sensiblement

«Mobilegeddon»: le terme se retrouve, depuis quelques jours, sur les sites web spécialisés dans la recherche en ligne. Contraction de «mobile» et d’«Armageddon», le terme fait référence au changement majeur introduit ce mardi 21 avril par Google. Le moteur de recherche modifie une partie de son algorithme pour mettre mieux en valeur les sites web optimisés pour les petits écrans. Avec, à la clé, des changements sensibles attendus dans les résultats de recherche sur mobile.

Google avait déjà lancé un avertissement fin 2014 aux webmasters. Avant de réitérer son appel fin février via son blog officiel. Ce 21 avril, son algorithme change pour afficher plus haut, dans les résultats de recherche, les liens vers les sites les plus lisibles sur les écrans de smartphones. La modification est lancée de manière simultanée au niveau mondial.

«Comme de plus en plus de personnes utilisent un appareil mobile pour accéder à Internet, nos algorithmes doivent s’adapter à cette réalité», écrit Google sur son blog officiel. Aujourd’hui, environ 60% des internautes effectuent des recherches via un téléphone. Google veut rendre service à ses utilisateurs, mais aussi disposer de davantage de sites optimisés pour afficher des publicités qui soient plus visibles, estiment de nombreux spécialistes.

Que penser du changement d’algorithme? «C’est une modification majeure, l’une des plus importantes de ces dernières années. Google n’a jamais communiqué autant concernant ses résultats de recherche, signe de l’importance du 21 avril», affirme Olivier Perez Kennedy, directeur de l’agence de communication numérique Enigma, à Genève. Il poursuit: «Cela me rappelle lorsque Google avait modifié son algorithme en donnant moins d’importance aux sites qui bénéficiaient de liens de sites tiers. La chaîne américaine de supermarchés Wal-Mart, qui misait beaucoup sur cette méthode, avait perdu d’un coup 60% de son trafic.»

L’algorithme de Google est secret. «On estime qu’il est composé de 600 paramètres, dont seuls 60 sont connus», affirme Olivier Perez Kennedy. Pour préparer les responsables de site au 21 avril, le moteur de recherche a créé un service gratuit permettant de tester son adresse. Ainsi, le site Admin.ch de la Confédération est considéré «non adapté aux mobiles» par Google: le texte est illisible, les liens sont trop rapprochés, il faut sans cesse zoomer et dézoomer. Le site de la RTS ne passe pas la rampe, tout comme par exemple celui de Nestlé, de Credit Suisse et du canton de Vaud. Selon la société de recherche Portent, 40% des sites au niveau mondial ne sont pas optimisés. Selon nos tests, les sites de Swisscom, du Temps ou d’Assura sont jugés compatibles par Google. Pour cela, ils doivent être adaptatifs (responsive, en anglais), c’est-à-dire se formatant automatiquement à la taille de l’écran, soit prévus exclusivement pour le mobile. «Je conseille vraiment à mes clients de créer leurs sites en responsive, dit Olivier Perez Kennedy. Changer son site pour le rendre compatible peut coûter plusieurs centaines de francs. S’il y a trop de changements à effectuer, mieux vaut le refaire entièrement, ce qui coûte plus cher.» Le spécialiste enjoint aux webmasters d’agir: «Pour ceux qui ne l’ont pas fait, et ils sont nombreux, il faut vraiment rendre son site compatible avec Google, qui détient plus de 90% du marché de la recherche.»

Les nouvelles mesures de Google ne concernent que les recherches effectuées sur smartphone, pas celles depuis un ordinateur ou une tablette. La prochaine étape, pour Google, sera a priori un classement des sites selon leur vitesse de chargement. Il teste déjà ce système, avertissant, via une étiquette, les internautes si un site est difficile d’accès.

«L’algorithme de Google serait composé de 600 paramètres, dont seuls 60 sont connus»