C’est un rêve – ou un cauchemar, c’est selon – qui prend fin. La semaine passée, Google a annoncé mettre fin à son projet de quartier futuriste à Toronto, au Canada. Depuis des années, sa filiale Sidewalk Labs travaillait sur l’aménagement d’une friche industrielle en cité du futur dans le quartier Quayside. C’est terminé: invoquant les incertitudes économiques et l’effondrement du marché immobilier, Google tire la prise.

L’excuse ne convainc pas grand monde: avec sa solidité financière, la multinationale avait bien entendu les moyens de ses ambitions. Ce sont plutôt les vives oppositions à ce projet qui l’ont contrainte à abandonner, de nombreuses voix s’étant élevées contre un «capitalisme de surveillance» poussé à l’extrême, avec des capteurs mesurant notamment le taux d’occupation des bancs publics.

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Mais Google reviendra en proposant l’édification d’autres smart cities ultra-connectées (et ultra-monitorées). Et n’oublions pas que la société tisse déjà sa toile en s’impliquant dans la gestion de nos déplacements, de notre santé, de notre consommation énergétique et bien sûr de nos connexions. Avec une supervision démocratique très forte, cette mise à disposition de la technologie peut être intéressante. Mais sans contrôle public, cette mainmise du privé dans nos vies n’est pas acceptable.