Technologie

Google dépense toujours plus pour se diversifier

Alphabet, la maison mère de Google, a accepté de perdre plus de 700 millions de dollars dans ses services futuristes au deuxième trimestre. Ses investissements ne vont pas ralentir. Facebook suit une stratégie opposée

Le cap des 1000 milliards de capitalisation boursière se rapproche pour Alphabet, la maison mère de Google. Dans la foulée de ses résultats semestriels publiés dans la nuit de lundi à mardi, le groupe était valorisé à 875 milliards de dollars, soit presque autant qu’Amazon (880 milliards), voire Apple (940 milliards). Si Alphabet est si prisé des investisseurs, c’est en grande partie grâce aux résultats de son activité de base, la publicité. Mais ses actionnaires apprécient aussi les milliards dépensés pour diversifier le groupe.

Car c’est bien, sur une année, de milliards qu’il s’agit. Lors du deuxième trimestre, la multinationale a accepté de perdre 732 millions de dollars pour sa division «autres paris» («other bets»), contre 633 millions un an plus tôt. Sur l’ensemble de l’année 2017, ces activités avaient généré une perte opérationnelle de 3,4 milliards de dollars, contre un chiffre rouge de 4,6 milliards l’année précédente.

Quasiment invisibles

Aujourd’hui, cette division «autres paris» comprend cinq activités: Waymo (voitures autonomes), Loon (ballons pour diffuser internet depuis l’espace), Wing (drones de livraison), Access (réseaux, de fibre optique notamment) et Verily et Calico (les deux actives dans la santé). Ces «paris» ont certes vu leur chiffre d’affaires progresser de 49% sur un an, à 145 millions de dollars. Mais, à l’échelle des revenus globaux d’Alphabet, ces services sont encore quasiment invisibles. Sur le trimestre, le groupe a dégagé un chiffre d’affaires de 32,66 milliards, pour un bénéfice total de 8,26 milliards, amputé des 5 milliards de dollars d’amende infligés par la Commission européenne.

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Cela pourrait changer à moyen terme, notamment grâce à Waymo. Cette société «a fait de gros progrès», a affirmé lundi soir Sundar Pichai, directeur de Google. Vendredi dernier, elle affirmait que ses voitures autonomes avaient roulé 8 millions de miles (12,9 millions de kilomètres) sur les routes publiques depuis leur lancement. C’est deux fois plus de kilomètres qu'en 2017. Chaque semaine, ces voitures roulent plus de 40 000 kilomètres. Actuellement, la société sélectionne des personnes – non-ingénieurs – pour tester ses véhicules dans plusieurs Etats américains. Des voitures équipées des systèmes de Waymo pourraient être commercialisées en 2020, voire 2019, aux Etats-Unis.

Chiffre d’affaires en hausse

Si les «paris» perdent encore de l’argent, une autre division, sans lien elle non plus avec la publicité, décolle. Baptisée «autres revenus», cette division comprend les services «cloud», les smartphones vendus sous la marque Pixel, les haut-parleurs intelligents Home ou encore les appareils de Nest pour la domotique. Leur chiffre d’affaires combiné a progressé de 37%, à 4,4 milliards de dollars, soit 14% des revenus globaux. Signe qu’Alphabet veut que ses «autres paris» lui rapportent de l’argent, Nest, profitable, est sorti de cette catégorie et se retrouve désormais, dans les comptes, dans «autres revenus».

Pour accroître sa rentabilité à long terme, Alphabet accélère ses investissements globaux. Ils ont totalisé 5,48 milliards lors du dernier trimestre, soit le double par rapport à la même période de l’année précédente. Le «cloud» – activité pour laquelle la multinationale effectuera plusieurs annonces mardi et mercredi – est a priori le domaine qui requiert le plus d’investissements, notamment pour que le groupe rattrape son retard par rapport à Amazon.

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Différence avec Facebook

Pour Alphabet, la publicité demeure un domaine clé, a même dû rassurer Ruth Porat, la directrice financière d’Alphabet. «L’une des plus grandes opportunités pour investir demeure notre activité dans la publicité. Je ne veux pas que vous ayez l’impression que les investissements se dirigent uniquement vers les nouvelles activités», a-t-elle affirmé lors de la présentation des résultats trimestriels.

La stratégie d’Alphabet est ainsi bien différente de celle de Facebook. Fin avril, Sheryl Sandberg, sa directrice opérationnelle, avait exclu que Facebook se diversifie davantage hors du marché publicitaire – la société est déjà active dans la réalité virtuelle. Facebook publiera ses résultats trimestriels dans la nuit de mercredi à jeudi.

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