Racheté par Google il y a dix ans, YouTube est devenu la plateforme incontournable pour la diffusion de divers types de contenus. Le découpage et la rediffusion de contenus déjà existants dans une version transformée sur internet font partie des défis auxquels est confrontée la plateforme qui compte désormais plus de 1 milliard d’utilisateurs à travers la planète. Et chaque minute, 400 heures de nouveaux contenus sont ajoutés sur la plateforme, a rappelé David Erb, directeur de l’ingénierie chez YouTube, lors d’une série de présentations sur ce thème organisée mardi sur site de Google à Zurich qui emploie quelque 1800 collaborateurs.

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Pour gérer ce volume en croissance constante, la société californienne poursuit le développement de son outil de gestion des droits d’auteur appelé Content ID. «La question est de savoir comment les propriétaires de droits d’auteur peuvent à la fois identifier la présence de leur contenu sur internet, le contrôler et en tirer avantage», a résumé l’expert.

98% des cas sont traités à l’aide de ContentID

Avant d’avoir développé Content ID, les partenaires de la plateforme utilisaient l’approche appelée DMCA («Digital Management Copyright Act») afin de retirer du contenu figurant sur YouTube. Aujourd’hui, 98% de la gestion des droits d’auteur sur YouTube s’effectue grâce à Content ID, alors que seule une part de 2% est effectuée par le biais de notices de retraits.

La base du système fonctionne à l’aide des fichiers de références qui sont mis à disposition par les détenteurs des droits. Content ID compare ensuite ces fichiers originaux avec ceux qui existent sur la plateforme. Une fois l’identification d’un fichier obtenue, la suite du processus dépend des règles qui ont été prédéfinies par les détenteurs des droits.

Ces derniers ont le choix entre trois options: bloquer le contenu, le rentabiliser («monétiser») ou du moins suivre son évolution sur la plateforme. Dans le dernier cas, un artiste peut être intéressé à connaître où résident le plus grand nombre d’utilisateurs de ses vidéos afin d’organiser des tournées de concerts.

Un fichier peut être rentabilisé soit de manière directe – via le paiement des droits d’auteurs par le diffuseur d’un contenu au propriétaire de ceux-ci – ou indirecte par le biais de l’insertion de publicité sur la plateforme.

2 milliards de dollars de droits reversés

Aujourd’hui, YouTube estime que plus de 90% des requêtes effectuées concernant un contenu obtiennent une rétribution (une part qui grimpe à 95% pour la musique). En tout, l’outil de gestion des contenus a déjà permis de reverser plus de 2 milliards de dollars de droits d’auteur via Content ID.

Pourquoi ne pas exploiter la popularité de YouTube pour commercialiser une version payante de la plateforme? Outre-Mer, c’est déjà le cas via une offre appelée YouTube Red qui permet aux utilisateurs d’avoir une version sans publicité, l’accès à certains contenus originaux ou encore de bénéficier d’une consultation hors ligne. La version payante n’est proposée qu’aux Etats-Unis, au Mexique, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Les diffuseurs de contenus modifient toujours davantage certains fichiers – en changeant de couleur, en accélérant la vitesse des vidéos, etc. – afin de les rendre moins détectables. Pour s’adapter à cette évolution, YouTube recourt de plus en plus aux techniques d’auto-apprentissage dites de «machine learning» afin d’identifier toutes sortes de distorsions ou transformations apportées aux contenus originaux.