Les rumeurs sur l'entrée en Bourse de Google se précisent. Lundi, le Wall Street Journal (WSJ) croyait savoir que Credit Suisse First Boston (CSFB) et Morgan Stanley avaient été choisis par le numéro un mondial de la recherche sur Internet pour être chefs de file de son introduction sur le marché. Des banques qui se partageraient pas moins de 100 millions de dollars de commissions au sein d'un pool bancaire également composé de Citigroup, Goldman Sachs Group, J.P. Morgan Chase et Lehman Brothers Holdings. Selon le WSJ, le choix de CSFB ne serait pas une surprise, sachant, entre autres, que Google emploie depuis l'an dernier Lise Buyer, qui fut analyste des valeurs liées à Internet auprès de CSFB, en tant que «director of business optimization». Rappelons que l'entrée en Bourse de Google serait l'une des plus importantes jamais effectuées, sa capitalisation étant généralement estimée à 25 milliards de dollars.

Sur la douzaine d'établissements financiers contactés par Google l'automne dernier, il n'en resterait donc plus que six en lice, lesquels ont été à nouveau contactés par la société il y a deux semaines. Des discussions auraient encore lieu pour décider de la taille et du prix de l'entrée en Bourse. Les dirigeants de Google font actuellement face à une première échéance. C'est le 29 avril, soit 120 jours après la clôture de leur année fiscale 2003, qu'ils devront communiquer des détails sur la marche de leurs affaires au gendarme boursier américain, la SEC.

Investisseurs pressés

Le fait de remplir un tel document précède généralement une entrée en Bourse, mais les dirigeants de Google pourraient décider d'attendre encore un peu. Si Larry Page et Sergey Brin, les deux fondateurs, ne semblent pas pressés de rendre publiques toutes les activités de leur rejeton, les investisseurs de Google sont par contre pressés. Le fonds Kleiner Perkins and Sequoia, qui aurait acquis environ 25% de la société en 1999 pour 25 millions de dollars, pourrait obtenir un retour sur investissement de 800 fois. Une grande partie des 1000 employés de Google seraient également désireux de se séparer à bon prix d'une partie de leurs titres.