Ce nouveau service de réseau communautaire est baptisé «Buzz», et s’intègre à sa messagerie Gmail et à ses services pour téléphones portables.

«Notre conviction est qu’organiser l’information sociale sur le web - trouver ce qui est intéressant parmi tous les bruits qui courent - est devenu un défi à grande échelle, que Google, avec son expérience dans l’organisation des informations, peut aider à résoudre», a expliqué le responsable de ce nouveau produit, Todd Jackson, sur le blog officiel du groupe.

Progressivement dans les jours qui viennent, tous les utilisateurs de la messagerie Gmail verront dans la partie gauche de l’écran de messagerie, entre «boîte de réception» et «messages envoyés», une ligne «Buzz», leur permettant d’envoyer collectivement à tous leurs correspondants ou une partie seulement, des informations sur leurs activités, des photos, des vidéos, des liens internet ou des messages tirés du site de microblogs Twitter.

La version pour téléphones portables, disponible dans un premier temps seulement pour les iPhones et les appareils sous Android (le système d’exploitation de Google pour téléphones portables) ajoute une fonctionnalité de localisation géographique, pour notamment «montrer tout le +Buzz+ qui se passe près de vous», a expliqué un autre responsable de Google, Vic Gundotra, lors d’une présentation retransmise sur YouTube.

Gmail compte quelque 176 millions d’utilisateurs, selon le cabinet de marketing comScore.

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De nombreux analystes voient dans ce lancement une manoeuvre défensive de Google face au succès des sites communautaires.

Le groupe internet a déjà conclu des accords avec Facebook -qui revendique 400 millions d’utilisateurs-, et Twitter pour référencer leurs informations dans son moteur de recherche afin de fournir des résultats en temps réel.

Mais plusieurs observateurs ont remarqué que Google se lançait avec retard sur le segment des réseaux sociaux: le portail Yahoo! avait déjà ajouté en juin une dimension «communautaire» à sa messagerie.

Au cabinet de marketing Forrester Research, l’analyste Augie Ray soulignait que l’intégration d’une telle fonctionnalité par Google était une nouvelle façon de fournir à ses utilisateurs les informations qui sont les plus pertinentes pour eux.

Mais à court terme, «Buzz ne permet pas de poster des messages sur Twitter ou sur Facebook, donc je m’attends à ce que les gens l’expérimentent, pas qu’ils basculent sur Buzz, (qui) pourrait finir par compléter plutôt que remplacer les autres réseaux communautaires pour le moment», a ajouté M. Ray.

L’analyste indépendant Rob Enderle en revanche jugeait cette nouvelle fonction potentiellement menaçante pour Twitter, dont les micro-blogs pourraient faire double-emploi avec les messages de Buzz.