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Aux États-Unis, un toit est équipé toutes les 2,5 minutes.
© © Mike Blake / Reuters

Technologies

Google met ses données au service de l’énergie solaire

Depuis 2008, la Silicon Valley prépare la révolution solaire dans un pays où cette énergie renouvelable à zéro émission reste une alternative anti-fossile anecdotique. Avec son Project Sunroof, Google veut la démocratiser

Et si la transition énergétique américaine commençait dans la Silicon Valley? Avec son Projet Sunroof, Google espère changer les mentalités et aider à la démocratisation d’une source d’énergie à zéro émission. Comment? En utilisant simplement la qualité cartographique de Google Map pour estimer l’efficacité de l’installation de panneaux solaires chez un particulier ou une entreprise. En d’autres termes, le géant Google met directement ses sacro-saintes données au service du solaire.

Vous vous demandez si investir dans cette énergie renouvelable, là où vous habitez, en vaut la peine? Le Projet Sunroof vous procure la réponse. «En tant que volontaire pour le programme Solarize Massachusetts et propriétaire de panneaux solaires, j’ai toujours été surpris du nombre de gens qui pensent que leur toit n’est pas assez ensoleillé ou que le solaire est trop cher. Beaucoup d’entre eux ratent l’opportunité d’être plus écologique mais aussi d’économiser de l’argent», explique Carl Elkin, ingénieur en chef de Sunroof sur le Green Blog de Google.

Météo, orientation du toit, ombres diverses…

Opérationnel depuis le 17 août, Project Sunroof prend en compte la météo locale, l’orientation de votre toit et l’ombrage produit par les immeubles et arbres voisins. Une fois que vous avez entré votre adresse et quelques données sur votre facture mensuelle d’électricité, la plate-forme vous recommande ou non l’installation de panneaux, en précisant leur taille et l’économie financière réalisée si la réponse est positive. L’outil vous communique ensuite le coût d’achat ou de location et vous propose même les contacts de fournisseurs près de chez vous. Chaque société présente dans ce listing – pub indirecte – a versé son obole à Google.

Deux mois après son lancement dans trois villes des États-Unis (San Francisco, Reno et Boston), Project Sunroof s’est étendu dans sept autres Etats du pays, dont New York. En annonçant les premières livraisons au premier semestre 2016 en Europe et aux États-Unis de sa batterie historique de stockage PowerWall, Tesla Energy joue au VRP de luxe pour Sunroof et le marché de l’énergie solaire.

Contacté par Le Temps, Google n’a pas souhaité communiquer sur le nombre total d’utilisateurs de sa plate-forme en ligne. Quid de l’intérêt économique du géant de Mountain View? Il est officiellement nul, «il s’agit uniquement de fournir des informations utiles aux gens», dixit Google, qui en 2007 dotait son campus de la plus grande installation de panneaux solaires d’entreprise existant dans cette catégorie, d’une capacité de 1,7 MW.

En mai 2011, Google investissait également plus de 250 millions de francs dans SolarCity avant d’annoncer en mai 2013 son premier investissement photovoltaïque en Afrique via le Jasper Power Project. Au total, les investissements de la multinationale dans les énergies renouvelables représentent presque un milliard de francs.

Le legs écologique de Barack Obama

Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large. Fin août à Las Vegas, le président Barack Obama vantait les principes du libre marché pour justifier la promotion des énergies alternatives aux combustibles fossiles. Son «Plan» pour une énergie propre avait été présenté trois semaines plus tôt. En fin de mandat, et alors que la campagne des primaires Républicaines pour l’élection présidentielle 2016 laisse l’environnement de côté, le locataire de la Maison-Blanche veut laisser un legs écologique.

Le constat actuel est clair: les États-Unis restent accros aux énergies fossiles bon marché, le charbon (39%) et le gaz naturel (27%). Parmi les 7% d’énergies renouvelables alimentant le pays en électricité, le solaire ne représente que 0,4%. Alors que l’Oncle Sam est en train de rater le train de l’histoire, c’est dans la Silicon Valley libertarienne que la révolution jaune se fomente.

Louer ses panneaux solaires

Depuis 2008 et le lancement de la start-up pionnière SolarCity, le système du leasing est devenu le produit d’appel du photovoltaïque en Californie, terreau des énergies renouvelables aux États-Unis. Dupliqué pour la première fois sur le marché de l’énergie solaire par l’entreprise SunEdison quelques années plus tôt, le leasing permet à la classe moyenne de se payer des panneaux solaires sans débourser le moindre franc pour leur installation.

Le principe est simple: en contrepartie d’un coût initial zéro, le particulier paye à l’installateur une facture mensuelle identique, dont le montant est en dessous du prix du marché. Le gagnant-gagnant fonctionne et aujourd’hui d’autres start-up comme Sunrun et Vivint Solar concurrencent SolarCity pour démocratiser une énergie en plein boom.

En sept ans, les installations de panneaux solaires ont été multipliées par seize aux États-Unis, où un toit est équipé toutes les 2,5 minutes. Selon une étude de l’Association des industries de l’énergie solaire, 2016 s’annonce comme une année record avec un nombre d’installations multiplié par deux par rapport à 2015. Dans ce contexte de forte croissance, le prix de l’énergie solaire n’a jamais été aussi bas chez l’Oncle Sam.

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