Les marchés financiers ne tolèrent pas la moindre incartade. Surtout pas lorsqu'elle relève du chouchou de la cote. Mercredi, pour la première fois de son histoire, Google a expérimenté ce qu'il en coûte de ne pas se montrer à la hauteur des attentes des opérateurs. Dans la matinée, le moteur de recherche californien perdait jusqu'à 10% de sa valeur à Wall Street, sa plus forte retraite quotidienne depuis son introduction en 2004. A 392 dollars dorénavant, le titre a décliné de 17% depuis son record du 11 janvier. Pour mémoire, il avait progressé de 31% sur le seul trimestre passé.

Mardi soir, la société avait publié un bénéfice en hausse de 82% sur un an au quatrième trimestre à 372,2 millions de dollars. Impressionnant... mais trop peu au regard des analystes qui espéraient 520 millions. L'écart trouve son origine dans la progression du taux d'imposition à 41,8% contre 31% au troisième trimestre, a expliqué Google. Son chiffre d'affaires brut s'est en revanche révélé conforme aux pronostics, en hausse de 86% à 1,92 milliard de dollars. Sur l'ensemble de 2005, la performance de la société de Larry Page et Serguey Brin mérite tous les superlatifs: le chiffre d'affaires global s'est élevé à 6,14 milliards de dollars et le bénéfice net a explosé de 267% à 1,46 milliard.

Conformément à son habitude, Google n'a pas fourni d'aperçu de ses perspectives. Celles-ci restent bonnes, estimaient les analystes, qui, au contraire des investisseurs, ont conservé leur sang-froid. «Un bon trimestre, mais des perspectives encore meilleures», titrait ainsi Merrill Lynch. «Clairement, après avoir surpris chaque trimestre positivement, et pas qu'un peu», Google vient de briser un mythe, commente la banque. «Indéniablement, certains l'envisageront comme une opportunité car les perspectives restent robustes», poursuit-elle. Chez JP Morgan et Goldman Sachs, on estimait aussi que le coup de faiblesse de l'action se résumait à une excellente opportunité d'achat.