Pour Google, la traduction ne doit pas être une affaire de professionnels. Hors de question de culpabiliser lorsqu’on ne parvient pas à déchiffrer les indications dans un aéroport ou qu’on se balade dans les rues d’une ville étrangère. Le géant américain mise ainsi sur l’appareil photo du téléphone pour effectuer des traductions à la volée. Il suffit de pointer son appareil, Android ou iOS, sur le texte pour obtenir une version dans sa langue natale. L’application Google Traduction n’est pas nouvelle mais elle s’est améliorée.

Depuis peu, les utilisateurs ont accès à 60 nouvelles langues et peuvent naviguer entre les idiomes de façon plus aisée. Jusqu’alors, il était seulement possible de traduire vers l’anglais. Pour améliorer sa «caméra instantanée», Google a également intégré son système de traduction automatique neuronale. Les requêtes de milliards d’utilisateurs permettent d’améliorer les résultats. L’entreprise se vante d’avoir ainsi réduit les erreurs de traduction de 55 à 85% pour certaines paires de langues.

Mode hors connexion

«La mise à jour offre également la possibilité d’utiliser le service sans connexion web», a affirmé une porte-parole de l’entreprise lors d’une conférence de presse organisée la semaine dernière à Lausanne. Il suffit de télécharger la langue souhaitée pour en bénéficier librement. La précision s’adresse aux grands voyageurs qui ne veulent pas user leur forfait de téléphonie mobile.

La rencontre portait justement sur le thème de l’escapade. Pour constater les prouesses de la caméra traductrice, des mises en situation ont été proposées: une sélection de panneaux de circulation venant du monde entier, un menu de restaurant en espagnol et une discussion avec une personne s’exprimant en japonais. Le résultat est souvent bluffant, parfois décevant.

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Sur les panneaux de signalisation, le service apporte une réponse convaincante. Il est toujours utile de pouvoir identifier une mise en garde sur la route des vacances. La technologie s’avère toutefois fragile avec une phrase en arabe, traduite maladroitement par «intervention diversifiée». Quel danger peut-il bien se cacher derrière cette formule? Personne dans la salle n’a compris la signification originelle de la phrase. Un doute subsiste par ailleurs sur l’efficacité de l’outil lorsque le véhicule passe à toute vitesse devant un panneau (n’oubliez pas de confier votre téléphone au passager pour effectuer un essai).

«Oui, carte»

Autre présentation: le mode conversation par la voix. Un échange – fictif – dans une boutique de Tokyo s’est révélé intéressant. L’application sert d’intermédiaire entre le client et la vendeuse: elle traduit la demande en japonais avant de transmettre la réponse en français. Et avec une certaine fluidité. Peut-on, par exemple, payer ce tee-shirt quelconque avec la carte de crédit? La réponse de la vendeuse est donnée par Google Traduction: «Oui, carte.» C’est laconique, mais l’essentiel est là.

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Cette conférence de presse intervient un mois après l’arrivée en Suisse de la version professionnelle du concurrent DeepL. Faut-il y voir une réponse de la part de Google? La porte-parole balaie cette hypothèse: «C’est formidable que des entreprises travaillent sur des logiciels de traduction, parce que cela aide à faire avancer la technologie.» DeepL se concentre sur la précision de la traduction et ne propose donc que neuf langues pour le moment. Avec son service lancé en 2005, Google veut tendre vers l’exhaustivité en s’immisçant dans le quotidien d’un public toujours plus large. Signe de cette volonté: l’outil de traduction peut être intégré dans l’application de messagerie WhatsApp. Une option qui n’est pour l’instant disponible qu’aux Etats-Unis.