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A l'entrée des locaux, dans une ancienne poste historique. Zurich, 17 janvier 2017.
© René Ruis

Innovation

Google vise les 5000 employés en Suisse

La multinationale a inauguré mardi un nouveau bâtiment proche de la gare de Zurich. En l’espace de 13 ans, Google est passé de deux à 2000 employés. A terme, la société pourrait employer jusqu’à 5000 personnes à Zurich

Ils n’étaient que deux en 2004. L’année suivante, le nombre d’employés de Google était déjà passé à 70. En 2016, le dernier pointage officiel indiquait le nombre de 1800 collaborateurs. Mardi, à l’occasion de l’inauguration de nouveaux locaux juste à côté de la gare de Zurich, la multinationale annonçait avoir dépassé le nombre de 2000 employés. A terme, ils pourraient, via l’ouverture de nouveaux locaux, être 5000 «Zooglers» à travailler pour le groupe en Suisse.

En images. Visite des nouveaux locaux

A l’origine de cette croissance exponentielle à Zurich se trouve un homme, Urs Hölzle. Le Suisse, aujourd’hui responsable des infrastructures du groupe, fut l’un des premiers employés de Google. Il a étudié à l’EPFZ de 1984 à 1988. «Jamais je n’aurais imaginé que notre société croisse à ce point en Suisse. A la base, je cherchais un site, en Europe, pour y développer nos activités. Zurich réunissait toutes les conditions requises, que ce soit par sa localisation sur le continent, la qualité des écoles aux alentours ou la qualité de vie. Et cela n’a pas changé».

Lire notre interview du président de l'EPFZ: «La présence de Google à Zurich crée une spirale positive

Premier centre hors des Etats-Unis

Zurich est ainsi toujours le plus grand centre de recherche de Google hors des Etats-Unis. Sur sol américain, seuls le devancent les centres de Mountain View (Californie) et New York. Ces dernières années, la multinationale s’était développée sans cesse dans les locaux de l’ancienne brasserie Hürlimann, annexant bâtiment après bâtiment.

Désormais, Google investit le quartier de la gare de Zurich, dans l’Europaallee et un premier bâtiment datant de 1930. Le groupe loue plusieurs immeubles – sur les anciennes voies 51 à 54 – et 300 employés y travaillent déjà. A terme – Google ne donne pas de date –, les 50 000 mètres carrés répartis sur une demi-douzaine de bâtiments à côté de la gare pourront abriter 3000 collaborateurs supplémentaires. Locataire de ces bâtiments, Google conservera des employés dans la «Hürlimann-Areal». Le groupe ne chiffre pas le montant de ses investissements en Suisse.

«Machine learning»

Zurich va renforcer sa position de pointe pour certains services de l’entreprise. L’assistant de Google sur smartphone, certains services de carte, le filtre antispam de Gmail, toutes les nouvelles fonctions créées via le «machine learning»: ce sont des innovations dues en grande partie aux ingénieurs de Zurich, de 75 nationalités.

«Aucun service n’est développé que dans un seul centre, explique Urs Hölzle. Il y a une collaboration permanente entre nos ingénieurs travaillant sur plusieurs continents. Bien sûr, les neuf heures de différence entre Zurich et la Californie sont un léger obstacle, mais nous parvenons très bien à travailler ensemble de manière efficace et rapide». En Suisse, le groupe concentre sa présence à Zurich: aucun déploiement en Suisse romande n’est prévu.

A ce sujet: Face à Zurich et sa position renforcée par Google, l'EPFL affirme ne pas être jalouse

Devant Londres

Londres ne risque-t-elle pas de détrôner Zurich? Mi-novembre 2016, Google annonçait son intention de créer 7000 places de travail dans la capitale anglaise. «Non, Zurich va demeurer le premier centre de recherche hors des Etats-Unis, répond Urs Hölzle. Londres aura davantage d’employés, mais ce sera plutôt dans le domaine commercial.» Zurich tient ainsi tête à Londres. Mais la dégradation possible des conditions-cadres en Suisse, notamment suite au vite sur l’initiative dite contre l’immigration de masse, n’effraie-t-elle pas Google? «Nous sommes optimistes, c’est pour cela que nous voulons autant nous développer en Suisse, assure Patrick Warnking, directeur de Google pour la Suisse. Nous parvenons à attirer ici suffisamment de talents et j’ai bon espoir que cela soit encore le cas à l’avenir».

Google loue les liens étroits tissés avec l’EPFZ et son implication dans le projet DigitalSwitzerland, qui vise à renforcer la place de la Suisse dans le paysage numérique mondial. Mais Google ne mentionne pas l’importance de la fiscalité locale. «Nos relations avec les autorités sont bonnes», se contente de dire Patrick Warnking. En 2013, la maire de Zurich, Corine Mauch, avait simplement dit que la multinationale faisait partie des 100 plus gros contribuables de la ville.

Ces prochains mois, Google va investir progressivement de nouveaux bâtiments le long de la gare. Comme dans ses bureaux situés dans l’ancienne brasserie Hürlimann, des cafétérias gratuites, des salles de jeux et de repos seront progressivement installées.

Lire aussi: Google s’étendra sur 50 000 m2 supplémentaires à Zurich

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