Gordon Brown n’a pas prononcé le mot «sanctions» en cas de bonus excessifs versés par les institutions financières. Mais il a assumé, jeudi à Bruxelles, sa rupture avec les pratiques jusque-là en vigueur à la City de Londres en cette matière.

«Je partage la colère suscitée par ces pratiques. Nous devons rendre impossible tout retour en arrière», a-t-il déclaré. Invité par la présidence suédoise de l’Union européenne à présenter ses recommandations devant les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE réunis autour d’un dîner pour préparer le G20 de Pittsburgh, le premier ministre britannique – qui avait présidé le sommet de Londres – a, pour y parvenir, réclamé des «règles internationales» auxquelles accepteraient de souscrire «tous les pays membres du G20» pour éviter les trous dans le futur dispositif réglementaire.

«Les politiques de rémunérations irresponsables ont une responsabilité directe dans la crise et les pertes d’emplois massives, a-t-il poursuivi devant les Vingt-Sept. Les bénéficiaires des bonus étaient récompensés pour des opérations à court terme, improductives. Le sommet de Pittsburgh doit accoucher d’un accord qui fixe une limite.»

Gordon Brown, souvent accusé au sein de l’UE de traîner les pieds en matière de supervision financière compte tenu du poids de la City, a toutefois refusé de se prononcer sur les modalités. Un projet de document final soumis aux Vingt-Sept demande que les primes et bonus soient à l’avenir «calculés en fonction de la performance à long terme», qu’un plafond soit fixé à la rémunération variable versée aux banquiers, et qu’à l’avenir les bonus «prennent bien en compte les évolutions négatives». L’hypothèse de «sanctions au niveau national» circulait aussi à Bruxelles. Le président américain Barack Obama s’est, lui, déclaré hostile à toute limitation des primes.